Agefiph : aider, accompagner, subventionner les travailleurs handicapés

Publié dans le numéro 3597 par

 

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On ne connaît pas assez l’Agefiph, ses missions et ses offres », explique d’emblée Jean-François Chireux, délégué régional adjoint de l’Agefiph en Picardie. L’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées n’est pourtant pas nouvelle dans le paysage. Cependant, « on ne peut pas dire que sa notoriété soit énorme. Il y a certes une connaissance de la contrainte des 6% d’emplois handicapés dans les entreprises de plus de 20 salariés, mais les plus petites entreprises connaissent peu, voire pas du tout l’organisme », confirme Sébastien Horemans, président de la CGPME Picardie.

Son rôle

L’insertion des personnes handicapées dans le monde du travail n’est pas une préoccupation nouvelle en France. Cela a commencé dans les années 1920 avec l’obligation faite aux employeurs de recruter des mutilés de guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, une loi va instituer le recrutement de quotas de travailleurs par les entreprises de plus de 10 salariés. Ce principe est réaffirmé dans une loi de 1975. Depuis la création de l’Agefiph par la loi du 10 juillet 1987, il s’est écoulé du temps. Cette dernière instaure, pour les entreprises privées et publiques de 20 salariés et plus, l’obligation d’employer 6%, au minimum, de personnes handicapées. Les sociétés en infraction avec la loi doivent verser une contribution. Le seuil de cette pénalité sera réévalué avec la loi « handicap » du 11 février 2005. Il faut noter que les entre- prises jouent de plus en plus le jeu. « Notre collecte baisse régulièrement depuis plusieurs années », relève à cet égard Jean- François Chireux. Cependant, l’Agefiph ne contribue pas uniquement à la collecte de la contribution des entreprises en infraction. L’organisme privé avec mission de service public finance, accompagne et aide sur le terrain les entreprises et les travailleurs handicapés. Elle récompense même les entreprises exemplaires. Ce fut le cas pour la société Webhelp de Compiègne. Cette dernière a été récompensée dans la catégorie « Insertion en contrat d’alternance de personnes en situation de handicap » à l’occasion d’une cérémonie, le 19 novembre, durant la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées.

Sa présence sur le terrain

L’Agefiph est aussi un organisme qui présente trois types d’offres : Alther, Sameth et Cap emploi sont les trois bras armés de la politique de l’Agefiph. « C’est trois organismes financés par l’Agefiph sont présents dans chaque département. Cap emploi est dédié à l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Il informe, aide les entreprises à définir leurs projets de recrutement et à rechercher et présenter des candidatures ciblées. Alther informe les entreprises des dispositions légales et étudie avec celles qui le souhaitent leurs modes d’organisation et de gestion des ressources humaines. Enfin, Sameth informe et conseille sur la démarche de maintien dans l’emploi. Il analyse et accompagne les salariés et les entreprises qui doivent faire face à une situation de handicap », développe Jean-François Chireux. En parallèle, l’Agefiph propose des financements qui peuvent se superposer aux dispositifs de droit commun.

« On est là pour faire l’effet levier et montrer que le handicap n’est pas forcément incompatible avec des compétences », conclut Jean-François Chireux. Et il semblerait que cela marche : les entreprises sont de moins en moins réticentes à embaucher des personnes handicapées.

Alexandre BARLOT