Les Amiénois invités à s’exprimer sur le projet Ametis 2.0

Publié dans le numéro 3579 par

 

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Les tracés cumulés des trois lignes de BHNS représentent plus de 44 kilomètres.

Les tracés cumulés des trois lignes de BHNS représentent plus de 44 kilomètres.

À Amiens, le réseau est amorphe depuis plusieurs années », pointe Maxime Raingal, chargé de mission Bus à haut niveau de service (BHNS). Seuls six déplacements sur cent se font par les transports en commun dans l’agglomération. « C’est beaucoup trop faible », regrette l’expert. La décision a été annoncée début février lors des Assises annuelles du transport, il y aura bien une refonte du réseau amiénois et la mise en place de trois lignes de BHNS. « Ce n’est qu’un pré-projet », avait alors tempéré Pascal Rifflart, vice-président d’Amiens Métropole en charge des transports. « Il reste beaucoup de choses à décider encore, notamment les tracés. Nous le ferons en concertation avec les populations, à l’échelle des territoires », indique Maxime Raingal.

100 millions d’euros hors taxes

Depuis début juillet, les habitants sont invités à s’exprimer à travers un questionnaire disponible sur le site d’Amiens Métropole. Une quinzaine de réunions publiques sont déjà planifiées en septembre. « Ce qui ressort pour l’instant, c’est qu’il y a un réel intérêt commun à redynamiser le réseau », note Maxime Raingal. L’expert relève toutefois quelques réticences, notamment sur les coûts (85 millions d’euros hors taxes auxquels s’ajoutent 15 millions pour la création d’un nouveau dépôt de bus) ainsi que sur la durée des travaux. Mais il tient à rassurer : « Nous avons prévu de réaliser une analyse croisée sur les avantages et les coûts des possibilités qui s’offrent à nous. Le projet est tellement cadré que nous ne pouvons pas dépasser le budget. Les travaux dureront une vingtaine de mois mais jamais sur tout l’ensemble du parcours. Donc ce sera peu impactant pour les habitants et les commerçants. » Outre ces éléments, Maxime Raingal rappelle l’intérêt de disposer de BHNS. « C’est un moyen de transport plus propre, plus accessible, plus confortable et plus silencieux. Dans les villes où il est déjà en service, comme Besançon ou Dijon, c’est un réel succès. »

Séduire de nouveaux usagers

Un succès espéré à Amiens, où tout est mis en oeuvre pour séduire de nouveaux usagers. Le système de billettique sera totalement repensé pour permettre de gagner du temps sur les parcours grâce au paiement par carte. « Le but c’est d’avoir un système aussi compétitif que la voiture. Les trajets doivent être aussi voire plus rapides qu’en voiture », précise Maxime Raingal. « Actuellement, les usagers sont en majorité des personnes qui n’ont pas de véhicule et qui sont obligées de prendre le bus. Le défi, c’est de convaincre ceux qui ont le choix. » Des stations intelligentes avec des informations voyageurs (fréquence de passages, Velam et train) ainsi que plusieurs parkings relais avec tarifs avantageux devraient voir le jour. Les travaux devraient débuter en 2017 après une phase d’études et de procédures administratives pour s’achever en 2019, année de la mise en service du nouveau réseau.