Compagnie Acaly, un théâtre aux multiples facettes

Publié dans le numéro 3576 par

 

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La troupe a ouvert le café-théâtre Saint-Médard en 1996.

La troupe a ouvert le café-théâtre Saint-Médard en 1996.

J’avais envie de créer ma propre compagnie pour montrer mes propres créations », explique Fabrice Décarnelle. Dès 1996, il ouvre son théâtre Saint-Médard à Soissons, 20 ans plus tard, succès oblige, la troupe de comédiens déménage dans un théâtre plus spacieux, avec deux scènes pouvant accueillir 40 et 60 spectateurs. En assurant 250 représentations sur l’année, la compagnie de 15 comédiens ne manque pas de travail pour divertir les 6 000 spectateurs en salle. La troupe est également itinérante, troubadour des temps modernes, elle assure de nombreux spectacles à travers la France à la rencontre d’un large public. « L’année dernière, nous avons joué devant 20 000 personnes durant nos tournées », annonce le metteur en scène. À quoi est dû le succès populaire de cette compagnie théâtrale ? « Notre but est de divertir notre public, nous nous inscrivons dans la continuité du théâtre de boulevard. Nous voulons également proposer un théâtre engagé avec un réel ancrage dans la vie sociétale. Nous traitons régulièrement le thème du développement durable dans nos pièces », explique Fabrice Décarnelle. Rire des sujets qui préoccupent les Français sans oublier la création artistique donc. L’autre enjeu de la compagnie est d’offrir un renouvellement de la programmation en mettant en scène cinq à six pièces sur une saison. « 70% de nos pièces sont nos propres créations, j’écris les pièces avec d’autres auteurs. C’est un processus assez long d’une année. Ensuite, il faut cinq mois de préparation avant de la présenter au public », précise Fabrice Décarnelle. Le théâtre propose également de redécouvrir des classiques comme Molière avec des mises en scènes ultra contemporaines : « J’aime prouver que l’on peut encore jouer des auteurs classiques. » Le metteur en scène regrette en revanche le coût exorbitant des droits d’auteur pour les pièces modernes. Ce système risque de faire passer dans l’oubli de grands auteurs du siècle, faute de pouvoir rémunérer les ayantsdroits, « 70 ans c’est trop long, c’est une véritable rente de situation », dénonce Fabrice Décarnelle.

En tant qu’entreprise culturelle, la compagnie Acaly défend son indépendance,  elle assure à 94% son financement. Pour réussir cet exploit, la troupe, boulimique de travail, diversifie son activité notamment à travers l’organisation de forums, parfois en partenariat avec l’Éducation nationale. Ce type de représentation apporte un éclairage sur des sujets de société par le biais de l’humour tout en créant un échange avec le public pour enrichir le débat. « Nous avons mis en scène une pièce sur le thème de la vie adolescente cette année », illustre ainsi Fabrice Décarnelle. Autre source de financement, les formations de trois jours destinées aux entreprises notamment avec des modules de prises de parole en public. « Les techniques comportementales des comédiens sont très utiles pour aider les employés à s’affirmer dans leur travail », commente Fabrice Décarnelle. La compagnie Acaly défend un modèle économique indépendant des subventions par une diversification des ressources pour protéger la création artistique.

Alban LE MEUR