Malterre au coeur du retour du textile « made in France »

Publié dans le numéro 3570 par

 

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L’entreprise Malterre opère depuis un peu plus d’un an un retour dans son coeur de métier.

L’entreprise Malterre opère depuis un peu plus d’un an un retour dans son coeur de métier.

Sévèrement touché par la mondialisation et les importations à bas coûts, le secteur du textile, particulièrement bien implanté en Picardie, a presque entièrement disparu ou s’est éloigné de son coeur de métier originel. C’est le cas des Établissements Malterre, qui ont opéré dans les années 80 un virage radical vers l’innovation et les marchés de niche pour pouvoir survivre. Mais depuis maintenant plus d’un an, l’entreprise a retrouvé son coeur de métier grâce au retour triomphant du « Made in France »

Éthique et qualitatif

« Je pense que c’est plus fort qu’un effet de mode, il y a une véritable envie de commerce responsable. Les gens sont de plus en plus soucieux de la provenance de ce qu’ils consomment, un nouvel équilibre est en train de se créer où l’écologie et l’éthique prennent de plus en plus d’importance », analyse Laurent Malterre, gérant de l’entreprise de tricotage. En 2013, la centrale d’achat Happy Chic qui rassemble des enseignes comme Jules, Brice et Bizzbee, décide de faire produire une gamme entière de tee-shirts en France. Le cahier des charges est strict, le produit doit être 100% français, éthique et qualitatif. Après une phase de tests débutés en décembre, les Établissements Malterre sont choisis pour approvisionner les quelques 350 magasins Jules du Nord de la France. Regroupée sous l’appellation « Gentle Factory », l’offre « Made in France » de la centrale d’achat s’étoffe rapidement, une aubaine pour Laurent Malterre qui revient ainsi dans son coeur de métier. « Aujourd’hui Happy Chic est notre premier client en terme de chiffre d’affaires, nous avons dû changer notre mode de fonctionnement et embaucher, précise-t-il. C’est très enthousiasmant de pouvoir accompagner la relocalisation de l’outil textile, et même si cela ne porte que sur 1% du secteur, cela concerne des centaines d’usines comme Malterre » ajoute le charismatique chef d’entreprise.

Continuer à innover

Malgré l’engouement de l’entrepreneur pour cette nouvelle aventure, l’usine n’a pas délaissé les marchés de niche et continue à répondre aux demandes de textiles techniques. « Je suis arrivé à un moment où personne ne voulait ce que je produisais, il a alors fallu se tourner vers ce que personne ne faisait, de très petites séries et des tissus techniques très spécifiques », rappelle Laurent Malterre qui a repris l’entreprise familiale en 1981.

Pistes d’escrime, bandes pour les acrobates, bas de contention, bandeaux en mailles respirantes… les Établissements Malterre ont toujours investi massivement dans la recherche et développement pour répondre à une multitude de marchés. « Je n’ai vraiment aucun complexe, lorsqu’il y a une demande, nous l’étudions et l’on voit ce que l’on peut faire », souligne l’entrepreneur.

Récemment, la structure a même conçu en partenariat avec le CHU d’Amiens, des cagoules permettant de réaliser des encéphalogrammes sur des prématurés, une première mondiale.