Le Ceebios, l’avenir du biomimétisme européen

Publié dans le numéro 3569 par

 

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Le centre a gardé l’aspect de l’ancien site militaire.

Le centre a gardé l’aspect de l’ancien site militaire.

Léonard de Vinci le disait déjà : « Scrute la nature, c’est là qu’est ton futur. » Et si la transition énergétique passait par l’étude de la nature et la mise en application de ses caractéristiques ? L’ambitieux objectif du Centre européen d’excellence en biomimétisme est là : créer une structure dans un esprit campus, avec des start-up et entreprises, et faire le lien entre toutes les recherches possibles dans le domaine du biomimétisme, pour en devenir le centre de référence en la matière. Car l’intérêt pour cette discipline grandit, il s’est même accéléré dans les années 2000, sous l’impulsion des États-Unis. Des pôles de recherches ont été créés, notamment dans les prestigieuses universités d’Harvard ou de Berkley. Et en Europe ? « Il n’y a pas de centre européen dans ce domaine en Europe, confie Pascale Loiseleur, maire de Senlis et vice-présidente du Ceebios, nous voulions revitaliser un ancien quartier militaire fermé en 2009, avec comme mission la création d’emplois et le développement de l’économie locale, qui s’inscrivent dans notre plan local de redynamisation. Après plusieurs discussions et rencontres nous avons décidé de mettre en place le premier centre européen dédié au biomimétisme, car c’est avant tout une opportunité en termes d’innovations. » L’histoire commence : rénovation du site, réunion publique, sessions de formation professionnelle… En début d’année 2015, une convention est signée : c’est le top départ à la construction d’un projet ambitieux, celui d’être le centre de référence dans le domaine, soutenu par l’État, la région, la CCI de l’Oise, le pôle de compétitivité IAR, le monde industriel et scientifique ainsi que de nombreux bureaux d’études.

Un sujet d’innovation

Implanté au cœur de Senlis, sur dix hectares, le Ceebios est un centre géré par plusieurs membres fondateurs : Gilles Bœuf, président du muséum national d’Histoire naturelle est le premier président du centre.

D’autres membres ont rejoint ce projet : les pôles de compétitivité UP-tex et IAR, l’Association chimie du végétal (ACDV), l’Institut Initiative pour la promotion d’une industrie réconciliée avec l’écologie et la société (Inspire), l’association Biomimicry Europa et l’Université numérique ingénierie et technologie.

Il accueille dès à présent des entreprises, de tous les secteurs d’activités, intéressées par ce sujet mais aussi celles qui voient dans le biomimétisme une source potentielle d’innovation, d’investissements et de création de partenariats. « Le Ceebios s’inscrit dans une logique territoriale avec le secteur de la chimie verte en Picardie et la troisième révolution industrielle dans le Nord. Le biomimétisme est également une piste importante dans la transition énergétique nationale et mondiale. C’est une démarche de normalisation de ce domaine grâce à la vieille technologique que le centre apporte », explique Pascale Loiseleur.

Déjà quelques entreprises sont installées et d’autres ne devraient pas tarder. L’idée du centre est de faire interagir toutes les compétences des entreprises, notamment à travers des groupes de travail sur des thèmes aussi vastes que l’habitat bio-inspiré ou le recyclage…