Une nuit au musée

Publié dans le numéro 3561 par

 

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Vu du ciel, on ne saurait imaginer que le donjon de Droizy accueille aussi des concerts.

Vu du ciel, on ne saurait imaginer que le donjon de Droizy accueille aussi des concerts.

C’est un peu l’histoire de ma vie. » Louis Bachoud, propriétaire du Relais Héritage à Droizy, près de Soissons, est tombé amoureux de cette vieille bâtisse il y a maintenant 34 ans. À l’époque, « ce n’était qu’un amas de pierres ». Pour remettre en état ce château fort dont le donjon date du XIIe siècle, Louis Bachoud n’a pas lésiné sur les moyens. Des années de recherches historiques et de lourdes dépenses ont été nécessaires pour restaurer cet endroit qui inciterait presque à poser des congés sur un coup de tête pour profiter de la tranquillité des lieux.

Un château comme résidence secondaire

Une magie qui se retrouve dans les trois éléments de base définis par le propriétaire. La chaleur de l’accueil, la beauté des lieux, ainsi que le calme et la sérénité sont les atouts de charme de cet hôtel situé à seulement une heure de Paris. « L’important dans un monument historique, c’est qu’il ne soit pas à caractère muséal », explique le propriétaire. L’homme qui a bâti de Taipei à New York l’a bien compris. Il loue des appartements autonomes classés cinq étoiles. La simple nuitée permet d’accéder tout au long de l’année à une piscine chauffée et à un jacuzzi, de jour comme de nuit. Les boissons sont mêmes fournies. Ce ne sont pas les seuls moyens de détente. Le parc dessiné par le maître des lieux permet aussi de se ressourcer en pleine campagne. Pour la mobilité, des vélos sont mis à disposition gratuitement. Et pour les parents en quête d’un moment de tranquillité, il est même possible de faire garder ses enfants par une puéricultrice diplômée. Un service de restauration en chambre est également proposé. Louis Bachaud a voulu « faire en sorte de transformer cette résidence de tourisme en résidence secondaire afin que les gens se sentent comme chez eux »… la cuisine et la vaisselle en moins.

Le donjon des demandes

L’architecte globe-trotter joue aussi les cupidons : « Je suis devenu un spécialiste du couple. Il n’est pas rare que l’on m’appelle pour organiser une demande en mariage dans mon établissement. Cela arrive six ou sept fois par an. À cette occasion, je prépare un petit scénario. Cela se déroule bien souvent dans le donjon où des fleurs et une bouteille de champagne sont disposées. » Louis Bachaud se définit lui-même comme « un créateur de souvenirs ». Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter le livre d’or où certains clients témoignent en seulement trois mots de leur plaisir par un simple : « Demain, on revient ! » Les chiffres le confirment également. Après un budget à l’équilibre lors de l’année 2013, l’exercice passé a enregistré une progression de 31%.

Alexandre BARLOT