2015, le nouveau visage de la formation professionnelle

Publié dans le numéro 3560 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

En 2013, le Fongecif Picardie a reçu 1 341 demandes de financement tous dispositifs confondus, 982 ont été validés (soit 73,2%).

« Le financement d’une formation n’est pas un frein, tient à souligner Jean-François Cousin. Ce qui est important, c’est que le projet tienne la route. »

« Le financement d’une formation n’est pas un frein, tient à souligner Jean-François Cousin. Ce qui est important, c’est que le projet tienne la route. »

Pour assurer la bonne mise en œuvre des projets professionnels des bénéficiaires, le Fongecif Picardie, comme les autres structures régionales du réseau national, propose une offre de services variée : Congé individuel de formation (CIF) CDI ou CDD, accompagnement bilan de compétences et Validation des acquis de l’expérience (VAE) et formation hors temps, de travail. Des outils qualifiés de « classiques » par le directeur du Fongecif Picardie Jean-François Cousin auxquels s’ajoutent depuis l’entrée en vigueur de la réforme de la formation professionnelle – qui en substance repense le système dans son intégralité en liant gouvernance, dispositifs et financements – au 1er janvier 2015 trois nouveaux services. Le Droit individuel à la formation (DIF) a été remplacé par le Compte personnel de formation (CPF) auquel s’ajoutent le Conseil en évolution personnelle (CEP) et les missions d’engagement et de contrôles qualité des organismes de formation. Une refonte qui concerne les entreprises, les Organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) et les Fongecif.

Toucher plus d’actifs

« Le CEP concerne tout salarié, travailleur indépendant, profession libérale et demandeur d’emploi actif, détaille Jean-François Cousin. C’est un outil pointu, qui permet de définir les contours d’un projet, certains bénéficiaires veulent changer de carrière ou évoluer mais n’ont pas en tête de projet établi, ce dispositif permet d’échanger avec un conseiller. » Gratuit, il se déroule en trois étapes, sur cinq ou six heures, avec une analyse partagée de la situation, un accompagnement plus pratique et un travail plus concret sur le projet ciblé, avec fiche de synthèse remise au bénéficiaire d’une séance à l’autre. « Le CEP existait déjà au préalable, mais dans une version allégée », selon le directeur. Ce qui n’est pas le cas du CPF qui remplace le DIF, qui toujours d’après Jean-François Cousin, « était un semi échec, il ne concernait que 40 000 à 50 000 personnes par an, sur 18 millions d’actifs, et pour les partenaires sociaux, ce nombre n’était pas satisfaisant, trop marginal. Avec le CPF, l’objectif est de toucher 10% de la population active ».  Et pour inciter les actifs et demandeurs d’emploi, les quelque 8 000 formations proposées se veulent plus qualifiantes (à 80%) que sous l’ancien système, avec des titres et diplômes à la clé, et plus variées. « La problématique de cette réforme, c’est qu’il faut la faire connaître, soulève Jean-François Cousin. Une large campagne de communication est prévue, et les entreprises sont aussi tenues de présenter le CPF et le CEP à leurs salariés au cours des nouveaux entretiens professionnels réalisables tous les deux ans et destinés à faciliter l’évolution professionnelle de leurs équipes. » Les Fongecif se sont également vus confer une mission supplémentaire, avec les OPCA : « Celle de contrôler la qualité des formations financées, via des audits des organismes de formation. Nous réfléchissons avec nos partenaires pour mettre sur pied une organisation permettant de mutualiser les actions, avec des outils communs pour identifier notamment les bonnes pratiques », indique Jean-François Cousin. Si le gros de la réforme s’est concrétisé cette année, à partir de 2016, les entreprises de dix à 20 salariés, jusqu’ici exemptées de cotisations, vont devoir s’y soumettre, sur la base de la masse salariale 2015…