La Picardie qui innove

Publié dans le numéro 3551 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Le bracelet feeltact, pour donner du sens au toucher.

Le bracelet feeltact, pour donner du sens au toucher.

À Compiègne, Novitact, startup française fondée en octobre 2013, a fait une entrée remarquée sur le marché des objets connectés. La raison de cette réussite ? Leur produit phare : le bracelet connecté FeelTact. Seulement six mois après sa création, la start-up Novitact présentait les premiers exemplaires fonctionnels de Feeltact né au sein des laboratoires de l’UTC. « Grâce à sa conception unique, Feeltact permet d’émettre des messages simples et efficaces par pression de boutons et d’en recevoir sous forme de vibrations tout autour du poignet. En jouant sur l’intensité, la durée et le rythme des vibrations, les messages transmis sont facilement interprétables et constituent un véritable lexique du toucher », décrit Thibaud Severini, Président de Novitact. Un objet qui offre une autonomie de plusieurs jours et une alternative à la vue et l’ouïe pour transmettre des informations utiles.
À l’origine de cette innovation, la volonté de ses fondateurs de prendre le contre-pied d’un environnement nous soumettant à une multitude de stimulations sonores et visuelles, en travaillant à revaloriser le sens du toucher, largement sous exploité aujourd’hui. « Nous sommes en effet convaincus qu’une sensation tactile telle qu’une vibration ou une variation de température peut constituer un message porteur de sens et d’informations à forte valeur ajoutée, et ce dans des domaines aussi variés que la sécurité, les jeux vidéo, les communications interpersonnelles, etc. », précise le président. Les secteurs du transport, de la défense ou encore du bâtiment sont d’ores et déjà intéressés par cet outil aux multiples applications. Novitact a remporté de nombreuses distinctions pour son caractère innovant dont le Grand Prix du printemps du numérique et s’est ainsi vu offrir une place au sein de la délégation française présente début janvier au Consumer Electronics Show de Las Vegas.

Du projet au résultat

Parmi les autres innovateurs de la région citons Cornilleau. Implanté à Bonneuil-les-Eaux, l’équipementier sportif est spécialisé dans le tennis de table. Il s’intéresse depuis longtemps à l’innovation sous toutes ses formes.
« Nous avons par exemple récemment développé la table PARK (modèle toute épreuve dédié aux aires de jeux en accès libre), la nouvelle raquette Tacteo (outdoor ultradurable aux revêtements indécollables), ou encore le revêtement de compétition Target Pro GT (développé en partenariat avec Michelin). Pour nous, la culture du design au service de l’innovation est un moyen de sublimer chaque avancée technologique. Il permet de développer une image de marque haut de gamme, et aussi bien sûr de se différencier de la concurrence », explique Cédric Corre, responsable marketing chez Cornilleau.
Les entreprises picardes ont déjà par le passé fait montre d’innovation dans de nombreux secteurs tels que la robinetterie, la serrurerie, la fonderie ou encore le textile. Aujourd’hui, les entreprises continuent d’inventer demain. Et elles sont nombreuses, comme Eurokera née en 1990 d’une joint-venture entre Saint-Gobain, premier verrier européen, et l’américain Corning, leader des verres techniques. Elle est spécialisée dans la fabrication de plaques de cuisson vitrocéramiques. Le site de production occupe 18 000 m² de bâtiments sur la commune de Chierry (dans l’Aisne) où elle emploie 270 salariés. « Tous les développements visent à rendre les plaques plus intuitives et conviviales. L’innovation passe par une évolution permanente des équipements. L’innovation est donc au cœur de notre stratégie », affirme le directeur Jacques Henquinet. La société a mis sur le marché un nouveau matériau pour surface de cuisson.
Ce produit, appelé Keraspectrum, révolutionne les possibilités d’inter- face utilisateur des tables de cuissons, en permettant des affichages de haute qualité et en signalétique couleur, en lieu et place des affichages monochromes limités de jadis.
Les plaques brutes sont produites par l’usine de Bagneaux sur Loing qui dispose du plus grand four de vitrocéramique au monde. Elles sont dimensionnées, façonnées, sérigraphiées et contrôlées pour répondre aux exigences des grandes marques d’électroménager comme le groupe Electrolux, son principal client, mais aussi des clients turcs, italiens ou anglais. L’usine axonaise a accompagné la naissance de trois autres sites aux États-Unis, en Chine et en Thaïlande.
À ce jour, plus de 80 millions d’unité ont été vendues de par le monde. Voilà pour les applications futures du verre. Il est un autre secteur en pleine mutation qui aura des conséquences pour le grand public et les professionnels dans les années à venir. Il s’agit de l’impression 3D.
Quand la science-fiction devient réalité, c’est l’innovation qui est passée par là. Imprimer en 3D du tissu humain devient possible, c’est dire.
L’idée de vie éternelle est encore loin, mais en attendant les entreprises qui inventent, innovent et changent nos vies sont en Picardie.

Le centre d’innovation de l’UTC

Le bracelet feeltact, pour donner du sens au toucher.

Le bracelet feeltact, pour donner du sens au toucher.

En mars dernier, l’UTC inaugurait son centre d’innovation. Coût: 13 millions d’euros. Du projet à la startup, ce centre transforme l’idée en innovation. Ses 5 100 m2 de locaux ont été conçus pour offrir un état d’esprit créatif aux PME, étudiants, enseignants, chercheurs ou artistes qui franchissent la porte. « À ce jour 41 projets  ont été prélabellisés au centre d’innovation, issus du concours, réalisés par les enseignants-chercheurs avec les étudiants et 31 projets labellisés au Centre d’Innovation dont 3 brevets déposés. Ces projets ont entraîné la création de startups telles que Novitact (incubateur Orsay), Aspic Engine (incubateur La Plaine Images), Sensovery, Closycom ou VirtualSensitive », se réjouit Bruno Ramond, directeur du centre d’innovation de l’UTC qui verra s’installer d’ici peu à ses côtés un bureau de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) et du Réseau Entreprendre®. De quoi terminer de créer un environnement propice au processus d’innovation.