Fellmann cartonne…

Publié dans le numéro 3536 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

La nouvelle machine offset de l’entreprise, un achat de 5 millions d’euros.

La nouvelle machine offset de l’entreprise, un achat de 5 millions d’euros.

L ‘entreprise vient d’acquérir une nouvelle machine offset d’impression et une nouvelle machine de découpe, 5 millions d’euros à l’achat, plus de un million d’euros pour les travaux d’installation (génie civil, électricité…) vont permettre de doubler la production du site, de 15 000 tonnes à 30 000 par an à terme. D’ici un an, il est encore prévu 1,5 million d’euros d’investissement, avec l’achat d’une machine à coller. Les deux premières machines sont arrivées au printemps, et sont opérationnelles depuis fin août. Ce développement est la conséquence d’un partenariat étroit entre le plus gros client, la société Dailycer, de Faverolles (près de Mondidier) fabricant de céréales pour petit déjeuner, leader en France pour les marques distributeurs. Les volumes augmentent, l’industriel et son sous-traitant Fellmann s’engagent réciproquement. Chacun a besoin de l’autre, Dailycer sécurise son approvisionnement (une rupture dans la chaîne de l’emballage peut induire des ruptures sur les linéaires des magasins, un désastre) et Fellmann assure ses ventes, en gagnant en souplesse et en réactivité. L’acheteur précise : « Avec Fellmann, outre la proximité, nous n’avons aucun problème de qualité. » Le grand-père de Pascal Fellmann a créé l’entreprise en 1947, en Alsace. En 1993, l’usine avait un chiffre d’affaires équivalent à un million d’euros mais en perdait 100 000 par an.

Une reprise réussie

Son petit-fils Pascal Fellman, champion de France de moto, a mis un coup d’arrêt à sa carrière sportive pour reprendre le flambeau. Puis en 2006, il est tombé sur un journal télévisé, au cours duquel il a vu, lors d’une visite de la candidate Ségolène Royal, les ouvriers licenciés de la cartonnerie licenciés deux fois de suite, par AR Carton puis par Saint-Germain Cartonnages) occuper l’usine 24h/2 4 et 7j/ 7, pour maintenir l’outil de travail en état. « Je me suis dit : c’est le bon côté de l’occupation d’usine », l’affaire a été conclue en moins de deux mois, et Dailycer a été le premier client… Vingt-six salariés repris, 50 à ce jour, qui travaillent en 3×8 : une vingtaine partent à la retraite dans les 2/3 ans, la production est amenée à doubler et il faut non seulement les remplacer mais aussi embaucher de nouveaux collaborateurs, une vingtaine environ, voire plus, selon le développement. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires atteint 37 millions d’euros (dont 15 pour le site de Villeneuve-Saint-Germain, chiffre destiné à doubler dans les sept ans). Le site produit à ce jour 500 millions de boîtes par an. Le dirigeant confie : « Le personnel est fortement impliqué ; j’ai découvert ici le bon sens du syndicalisme. La mauvaise image de marque des syndicalistes, et de l’usine, à l’époque, n’étaient que la conséquence du comportement des anciens dirigeants. » Et il a tenu à soigner l’aspect extérieur de l’entreprise : comment autrement présenter un site de production à des clients exigeants ?