Vers un référendum pour la Picardie

Publié dans le numéro 3515 par

 

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Du groupe Aimer la Picardie, Marc Bonef de Ham avait déposé une motion pour la Picardie.

Du groupe Aimer la Picardie, Marc Bonef de Ham avait déposé une motion pour la Picardie.

L’avenir de la Picardie n’a pas fini de faire couler de l’encre. La preuve une nouvelle fois lors de la dernière session du conseil régional. Le Front National et le groupe Aimer la Picardie avaient déposé deux motions, toutes deux rejetées, ayant pour objet l’avenir de la région.

Concertation

L’occasion pour des élus de s’exprimer et souvent sans concessions. Michel Gui-niot, président du groupe Front National, a édité une carte postale “Ma Picardie pour la vie” qui doit lui être renvoyée. Il demande « une véritable concertation entre l’État, les collectivités locales et les élus picards sur le projet de réforme territoriale » et exige un référendum régional.
« Je condamne la manière de faire de monsieur Valls, a t-il souligné. Il est hors de question que vous procédiez à l’éclatement et au démembrement de la Picardie au prétexte d’économies. » Franck Briffaut, du même groupe et nouveau maire de Villers-Cotterêts a pointé la « totale incompétence de ceux qui nous dirigent. Quel budget ? Quelle fiscalité ? Le gouvernement débute par la fin. Il n’y a pas de raison de remettre en cause la Picardie telle qu’elle existe.» Tour à tour, Christophe Coulon a qualifié de nombreuses personnalités de « menteurs et menteuses, tous des menteurs » à commencer par François Hollande. Pour lui, Nicolas Mayer-Rossignol, le président PS de la région Normandie, qui prône une fusion est « le champion du monde ». « La messe est dite, s’est-il adressé à Claude Gewerc, vous l’avez dit sur France 3 Picardie, au Journal du Dimanche, la région est condamnée à fusionner avec le Nord-Pas-de-Calais. Vous vous faisiez le chantre de la Picardie mais depuis le 8 avril vous êtes tétanisés par le Premier ministre. Vous savez que la nouvelle carte est la carte dévoilée par le magazine Challenges et qu’elle est actée. Vous avez ouvert grand les vannes à l’OPA de notre région. Il n’est même plus question du référendum. Notre groupe refuse ce projet éloigné des habitants, ce machin sans visage.» En face de lui, Didier Cardon a indiqué que selon des sondages les Français seraient en majorité pour la fusion des régions : « Ils veulent de l’efficacité pour les politiques de transports, de santé, d’emploi… Trente ans après la décentralisation, il est légitime de faire un bilan. La question essentielle aujourd’hui est le rôle de l’État dans notre région. Il faut aller de l’avant, pour aller plus loin et plus fort pour les habitants de notre pays.» Christophe Porquier, vice-président et membre d’Europe Écologie, a fustigé une « démarche malhonnête » de la part de Manuel Valls : « Il n’est pas moral d’amener les choses avant même d’avoir ouvert le débat. Les Picards veulent des trains qui circulent, des bons lycées, une bonne formation… Quel est le bon échelon territorial nécessaire pour ces services ? » Une intervention saluée par Christophe Coulon. « Je vais demander un rendez-vous à Matignon pour comprendre, a informé Claude Gewerc. Qu’est ce qu’une grande région ? Quel est le devenir de Caen et d’Amiens si Rouen est capitale régionale ? Que deviennent l’hôpital, l’université… ? J’ai besoin de réponses. Dans tous les cas, il y aura un référendum. La parole restera aux citoyens en Picardie.»