Nourrir la planète, enjeu de la prochaine Expo universelle

Publié dans le numéro 3519 par

 

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Le but d’une exposition universelle, « c’est l’enseignement du public, faire ressortir le progrès et ses perspectives pour l’avenir », rappelle Alain Berger, commissaire général du pavillon France qui sera présenté à Milan, l’an prochain. C’était le 15 avril, à Paris lors de la conférence de présentation du dispositif. La dernière édition de l’exposition universelle, à Shanghai (2010), était consacrée à la « meilleure ville ». Cette fois, c’est l’alimentation qui fera donc l’objet de toutes les attentions. Un sujet crucial, et d’actualité. « L’alimentation est un défi mondial, d’aujourd’hui et de demain. Il s’agit de nourrir 7 milliards d’être humains, et déjà, des gens meurent de faim. En 2050, nous serons 9 milliards. Comment faire ? Comment relever le défi en préservant le potentiel de la planète ? La durabilité de la réponse est essentielle », expose Alain Berger. À l’événement milanais, 114 pays ont prévu de participer, ainsi que plusieurs grandes instances et organisations internationales, comme la FAO, les Nations- Unies et l’Union Européenne. Environ 25 millions de visiteurs sont attendus, dont 15 qui viendront d’Italie, et un de France. « Il s’agit d’un public très familial », prévoit Alain Berger, qui escompte 10 à 15 000 visiteurs par jour sur le pavillon français. Outre ce dispositif ouvert au public, la France est en train de réfléchir à l’installation d’un site spécifique, à destination des entreprises. « La dimension commerciale n’est pas exclue », commente Alain Berger.

60% de besoins en plus d’ici 2050
Jouxtant le pavillon italien, central, le pavillon français a été organisé pour exposer les « réponses » que la France juge opportunes pour répondre au défi alimentaire. Par sa production propre, l’Hexagone contribue à l’alimentation mondiale. « Nous sommes exportateurs, et nous avons aussi un potentiel scientifique », explique Alain Berger. Pour répondre aux besoins alimentaires de 2050, il faudra produire 60% d’aliments de plus. Or, « pour relever ce défi, il faut injecter du progrès scientifique et technique », estime le responsable. « Il y a encore des débats sur le fait de combiner performance économique et performance écologique. Il ne faut pas les opposer, mais faire en sorte qu’ils s’alimentent. C’est encore un peu nouveau en France, où on a trop tendance à les opposer », précise le commissaire du pavillon. Autre axe exploré par le pavillon, la problématique sociale, avec la dimension de l’emploi et la lutte contre le gaspillage. « 30% de la production ne va pas au consommateur », rappelle Alain Berger. Quant à la prise en compte de la question de la sécurité alimentaire des pays en développement, malgré ses exportations, « la France n’est pas le grenier du monde. Elle contribue, mais il reste un gros travail à faire pour accompagner ces pays à nourrir leur propre population, avec une politique de coopération et de transfert technologique », estime Alain Berger, pour qui cette problématique soulève également la question de la régulation des marchés mondiaux. Dernier point, « la question de la qualité a autant d’importance que la question quantitative », souligne le commissaire. Sous ce thème, les enjeux sont nombreux : question sanitaire, équilibre nutritionnel, lutte contre l’obésité… À ce titre, le « repas à la française », reconnu patrimoine immatériel par l’Unesco, constitue un modèle unique que la France mettra en valeur sur son pavillon.