Le crédit Coopératif : un soutien des acteurs de l’ESS

Publié dans le numéro 3518 par

 

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L’assemblée générale a également été l’occasion pour les sociétaires de participer à un débat sur le projet de loi ESS.

L’assemblée générale a également été l’occasion pour les sociétaires de participer à un débat sur le projet de loi ESS.

Créé en 1893, le Crédit coopératif est une banque qui a la particularité d’être également une coopérative. Ce sont les clients de cette dernière (personnes morales et particuliers) qui en sont les sociétaires et qui détiennent donc la totalité des droits de vote qu’ils exercent selon le principe une personne est égal à une voix. En Picardie, qui compte une agence, ils sont 831 personnes morales et 3 551 personnes physiques. La banque a pour vocation de « concourir au développement des personnes morales qui composent l’économie sociale », comme le précise sa déclaration de principes, et soutient l’ensemble des acteurs d’une « économie respectueuse des personnes ». En 2013, avec des encours de collecte qui s’élève à 111,8 millions d’euros (+10%) et des encours de crédit à 109,5 millions d’euros, soit une progression de 17% , le Crédit coopératif a continué à remplir ses fonctions. Les produits de partage (provenant des clients qui choisissent de reverser une partie de leur revenus d’épargne à une cause), souscrits en région ont généré 25 922 euros de dons au profit des associations partenaires. En France, ces dons s’élèvent à 4,3 millions d’euros.

La loi ESS
Alors que les députés viennent de terminer le jeudi 15 mai 2014 les discussions autour du projet de loi ESS, le Crédit coopératif Picardie conviait ses sociétaires à prendre part à un débat sur ce sujet. Le projet de loi voulut par le ministre de l’ESS, Benoît Hamon, a plusieurs enjeux et objectifs. Tout d’abord, il s’agit de donner une définition claire de l’ESS et identifier ses acteurs. Ces derniers, selon le texte sont les structures statutaires (les coopératives, les mutuelles, les associations, les fondations), les entreprises solidaires d’utilité sociale (structures de l’IAE – écoles universitaires de management…) et enfin plus globalement les entreprises poursuivant un but autre que le seul partage des bénéfices, adoptant une gouvernance démocratique et respectant certaines règles de gestion telles des réserves impartageables, etc.
Il s’agit également par le biais de cette loi de reconnaître l’innovation sociale au même titre que l’innovation technologique et favoriser l’accès à des financements dédiés. La Banque publique d’investissement (BPI) a ainsi débloqué 500 millions d’euros dans le but de soutenir les petites et moyennes entreprises de l’ESS. En lui donnant un cadre légal, le gouvernement espère donner un coup de pouce au secteur et ainsi créer 100 000 nouveaux emplois. Banque historiquement au service du développement de l’ESS, le Crédit coopératif suit donc ce projet de loi avec intérêt. Henry Nogues, économiste, professeur émérite de l’Université de Nantes, président de l’Association pour le développement de la documentation sur l’économie sociale (ADDES) et membre du conseil d’administration de la Fondation Crédit Coopératif précisait dans sa présentation lors du débat le 18 avril 2014 : « La loi ESS est un aboutissement. C’est le fruit d’un travail de longue haleine entrepris au début des années 1970 par des responsables d’entreprises de l’économie sociale où le crédit coopératif pris une place déterminante. »