L’Anzac Day, un événement inédit et fédérateur

Publié dans le numéro 3513 par

 

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Chaque année, le 25 avril, entre 4 000 et 5 000 personnes, majoritairement des Australiens, se réunissent à Villers-Bretonneux dans la Somme, à l’occasion de l’Anzac Day. Une cérémonie qui commémore la prise de Villers-Bretonneux par les soldats de l’Australian Imperial Forces le 25 avril 1918, marquant ainsi la fin de la grande offensive allemande dans la Somme. Un évènement qui demande une organisation millimétrée et une collaboration étroite entre États.

Une collaboration étroite
Quatre réunions sont nécessaires pour organiser les commémorations de l’Anzac Day. Chacune réunit à tour de rôle des responsables de l’ambassade australienne, de la préfecture de la Somme et du conseil général, mais également des représentants du bureau de sécurité civile, de la gendarmerie, des renseignements territoriaux, de Mégacité, de Somme Tourisme, de Villers-Bretonneux, de l’association départementale de protection civile (bénévoles chargés des premiers secours) et du SDIS (sapeur-pompiers). « Ces réunions se font dans un esprit confraternel, les relations sont fortes et la confiance réelle », commente Nicolas Belle, adjoint au directeur de cabinet à la préfecture de la Somme, chef de bureau du cabinet, qui coordonne le dispositif. Côté routier, l’accès au Mémorial ainsi que la circulation au sein de Villers-Bretonneux et sur plusieurs départementales est stoppée. Un système de navette est mis en place pour faciliter et garantir la sécurité de tous, piétons comme bus. Tout l’enjeu réside dans l’actualisation du plan de circulation qui change chaque année. Les arrêtés qui stoppent la circulation prennent effet la veille de la cérémonie et impactent nécessairement la circulation. « Il faut avoir un schéma d’ensemble, cohérent entre les deux cérémonies [ndlr, Down service et cérémonie de Villers Bretonneux], et garantir la sécurité. Rien ne doit être laissé au hasard », explique Nicolas Belle. Un schéma d’évacuation et d’accès pour les secours est également étudié et testé lors d’un exercice grandeur nature. La cérémonie accueillant plusieurs milliers de personnes ainsi que des représentants des États français et australien, la sécurité est également un enjeu majeur. Une équipe de démineurs effectue d’ailleurs un premier travail la veille de la cérémonie. Le jour J, une soixantaine de gendarmes sont mobilisés, dont une cinquantaine à partir d’ 1h 30. Pour la 2èe année, un hélicoptère sera mis en place à partir de 4 heures du matin. Ces dispositifs viennent appuyer les forces australiennes qui assurent la sécurité sur le Mémorial. Une coordination et un partenariat mus par l’envie de bien faire et d’honorer l’histoire. « L’engagement est modeste par rapport à ce que l’on commémore », insiste d’ailleurs Nicolas Belle.

Une technique bien rôdée

Répétition générale la veille de la cérémonie, débriefing le lendemain de l’événement, l’organisation ne laisse rien au hasard.

Répétition générale la veille de la cérémonie, débriefing le lendemain de l’événement, l’organisation ne laisse rien au hasard.

Outre l’aspect sécuritaire et institutionnel, l’Anzac Day demande également une organisation technique millimétrée. Depuis 2008 c’est Mégacité (Amiens) qui assure cette partie. « Nous sommes véritablement au service du gouvernement australien. Les relations sont excellentes et empreintes de confiance », explique Matthieu Nuc, Chargé d’affaires événementiel. « Mégacité fait un peu office de régisseur général, nous sommes un acteur de proximité et nous connaissons bien le terrain, ce qui facilite beaucoup les choses », ajoute-t-il. Cinq personnes de l’entreprise picarde travaillent sur le dossier, deux “accompagnateurs” chargés de l’appel d’offres et trois régisseurs et techniciens. L’événement étant “hors-norme”, les parties matériel, son et lumière sont sous-traitées.
A partir du 17 avril, le montage de ce “Lego ® géant” commence. Pour l’occasion, 40 tonnes de matériels sont nécessaires, dont une grue qui permet une vue aérienne du site lors de la retransmission en direct de la cérémonie en Australie. Cette performance technique est assurée par les équipes d’ABC et France 3 Nord. En 2013, plus d’un million d’Australiens a suivi les commémorations de Villers- Bretonneux. « Dès que les cérémonies de Gallipoli [ndlr, Turquie] sont terminées, on donne le top pour le Down Service, commente Matthieu Nuc C’est un événement qui ne ressemble à aucun autre et nous sommes très fiers d’y participer. Il y a un côté émotionnel très fort. C’est l’occasion pour nous de rendre un peu aux Australiens de ce qu’ils nous ont apporté il y a cent ans. »