H2air a le vent en poupe

Publié dans le numéro 3513 par

 

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L’équipe H2air, parc de l’évêché à Amiens. L’entreprise va bientôt lancer une campagne de recrutement pour mener à bien tous ses projets.

L’équipe H2air, parc de l’évêché à Amiens. L’entreprise va bientôt lancer une campagne de recrutement pour mener à bien tous ses projets.

Lénergie éolienne est une nécessité française, européenne et mondiale », telle est la conviction chevillée au corps de Roy Mahfouz, président d’H2air. Créée en 2008, l’entreprise ouvre ses portes à Amiens, dans une région picarde leader de l’énergie éolienne en France. À peine quatre années plus tard et avec seulement huit salariés, la société met en service son premier parc de 16 éoliennes dans l’Aube. « Comparée aux délais habituels, c’est une belle performance, rendue possible par nos convictions et beaucoup de travail », explique le président d’H2air.

Le parc éolien Seine-Rive-Gauche Sud, inauguré le 7 juin 2013 dans l’Aube, comptant 16 éoliennes

Le parc éolien Seine-Rive-Gauche Sud, inauguré le 7 juin 2013 dans l’Aube, comptant 16 éoliennes

Ce travail permet le développement de l’entreprise, qui va ouvrir une agence à Nancy pour ses projets dans l’est du pays (Lorraine, Franche-Comté, etc) et un bureau secondaire à Berlin. Puis, le groupe s’agrandit encore, comptant deux nouveaux piliers : H2air PX pour la production des parcs et H2air GT pour leur exploitation. « Le développement de projet reste notre coeur de métier et la vraie croissance du groupe est à Amiens, surtout dans le nord de la France », précise cependant Roy Mahfouz.

La France en retard
Le développement de la société amiénoise contraste avec le retard de la France dans l’énergie éolienne, « nous sommes une toute petite filière pour un grand territoire » déplore le président d’H2air. En effet, la France est classée à la 19ème place européenne en terme de parts d’éolien dans le mix électrique alors qu’elle dispose du deuxième potentiel de vent d’Europe. Mais la filière française est soumise à de nombreuses contraintes : 1/5ème du territoire est réservé à la Défense nationale, les autorisations pour développer, construire et exploiter un parc sont nombreuses et enfin, « il existe de nombreux freins au raccordement électrique, qui est souvent peu adapté à notre philosophie de systèmes décentralisés », précise Roy Mahfouz.

Une énergie populaire
Pourtant, d’après un récent sondage*, l’énergie éolienne est appréciée des Français. Ils sont près de 80% à vouloir investir dans cette filière et 65% à penser qu’elle contribue à démocratiser le marché de l›énergie. Malgré tout, « notre filière est scrutée, il existe des recours fréquents devant les tribunaux qui freinent le développement de certains projets », regrette le président d’H2air. Cependant, toujours d’après ce sondage, 69% des personnes interrogées sont prêts à accepter des centrales éoliennes dans leur environnement et 64% estime que cette filière est une des solutions face à la raréfaction des ressources.
Cette raréfaction entraîne une dépendance vis-à-vis de pays fournisseurs. L’éolien permet de s’en affranchir, comme l’explique Roy Mafhouz : « Nous travaillons à l’indépendance énergétique, l’éolien nous donne l’autonomie qui permet de se libérer des contraintes extérieures, avec les implications géopolitiques qu’on peut imaginer et qu’on observe dans l’actualité. » Toujours portée par des vents favorables, H2air a ouvert le 9 avril ses nouveaux locaux au coeur d’Amiens au 29 rue des Trois Cailloux. De plus, l’entreprise va lancer une campagne de recrutement et compte encore de nombreux projets en développement dans la Somme.

*Sondage CSA réalisé sur 1010 individus âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française (Méthode des quotas) entre le 11 et le 13 mars 2014.