De la laine de moutons de la baie

Publié dans le numéro 3511 par

 

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J’ai toujours eu une passion pour les moutons, explique Jacques Champigny, qui tient avec sa compagne, Carole Détain, la boutique Le Petit Grain à Saint-Valery-sur-Somme. Il y a 7 000 moutons dans la baie. On se demandait ce que devenait la laine. Elle n’était pas exploitée ou était détruite. Une partie part en Hongrie avant de rejoindre la filière de production en Chine. »

Facile à travailler
Le couple collabore depuis quelques semaines avec un producteur de Mons- Boubert. La laine est sélectionnée avant d’être lavée en Haute-Loire car il n’y a plus de laverie dans la Somme. Elle est cardée et filée dans la Creuse. Elle est ensuite commercialisée uniquement dans leur magasin ou sur leur site internet. Elle est disponible pour le moment en trois teintes : écru, ardoise et marron. « Elle est très facile à travailler et elle est très régulière, précise Jacques Champigny. Pour améliorer sa douceur, nous mettons une forte proportion de laine d’agneau. Nous proposons des modèles à notre clientèle : gilets-vestes pour enfant, chaussons, bonnets, chaussettes, mitaines… Cette laine n’est pas très chère car il n’y a pas de grossiste. Il faut compter 4,45 euros la pelote de 50 g. C’est juste le circuit producteur, filature et vendeur. »
« Elle a l’air sympa à travailler, confie Monique, 60 ans, qui demeure à Saint- Valery-sur-Somme. C’est de la laine de la baie de Somme, c’est important de privilégier le commerce local. Je vais en faire une écharpe. »
Comme elle, de nombreux clients achètent cette laine car c’est avant tout une production locale. « On sent qu’il y a un vrai renouveau pour le tricot, souligne Jacques Champigny. Autrefois, les gens tricotaient des pulls. Maintenant ils font des accessoires. Par exemple, sur notre site nous avons vu six ou sept sortes de mitaines. Les gens recherchent une certaine originalité dans l’objet qu’ils vont créer. »
Outre de la laine de mouton de la baie de Somme et de l’entreprise de la Creuse, divers petits trésors sont à découvrir dans cette boutique qui privilégie les matières naturelles. Jacques Champigny aime travailler le cuir, certifié 100 % tannage végétal sans produits chimiques. Il se transforme alors en ceintures sur mesure, boucles d’oreilles, sabots, broches, bracelets, portefeuilles, sacs…
La boutique abrite aussi de superbes jeux en bois comme des marionnettes, une cuisine avec table de cuisson, poêle et casserole, service à thé avec sucre et sachets en bois, des échasses, des arbalètes, des bateaux… Il est également possible de se procurer des costumes médiévaux, découvrir ou redécouvrir les fameux bateaux en métal pop-pop qui fonctionnent grâce à une sorte de chaudière à vapeur… « Nous sommes à l’écoute des gens, confie Jacques Champigny. Nous échangeons beaucoup avec la clientèle. Et puis nous ne vendons que ce que nous aimons. »