Architectes : la profession fait le point

Publié dans le numéro 3511 par

 

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Pour Régis Thévenet, même si la Picardie est coincée entre Paris et Lille, elle a la chance d’être pourvue d’une ingénierie de qualité.

Pour Régis Thévenet, même si la Picardie est coincée entre Paris et Lille, elle a la chance d’être pourvue d’une ingénierie de qualité.

Il est souvent plus facile de se faire entendre en période électorale : le Conseil régional de l’ordre des architectes (CROA) de Picardie avait donc décidé d’envoyer aux édiles des communes de plus de 10 000 habitants de la région un questionnaire – initiative unique en France – concernant les enjeux urbains. Le CROA a également rencontré avant le premier tour des élections municipales les deux principales équipes en lice à Amiens, qui avaient accepté l’idée de le rencontrer régulièrement, pour « instaurer un dialogue continu ». « Les enjeux de la profession sont de plusieurs ordres, l’urbanisme en fait évidemment partie, avec les changements à venir en ce qui concerne l’intercommunalité, ce qui nous semble un point positif et inscrit les démarches dans une logique de territoire. Il ne faut pas s’arrêter aux frontières d’une ville. Il faut convaincre les petites communes, ce n’est pas évident pour elles de se dessaisir de cette compétence… », précise Régis Thévenet, vice-président du CROA de Picardie.

Les difficultés de la profession
La profession milite également pour l’unification des appels d’offres, « lourds à mettre en place, très administratifs et peu qualitatifs. C’est souvent le prix le plus bas qui l’emporte, au détriment de la qualité et des emplois, faire des économies sur la conception d’un bâtiment relève d’un mauvais calcul, c’est une fausse économique que l’on finit par payer, déplore Régis Thévenet, qui reconnaît que toutefois que : La Picardie a la chance d’être pourvue d’une ingénierie locale de qualité, même si le fait d’être coincée entre Lille et Paris ne rend pas les choses aisées pour la profession, les marchés sont verrouillés. Ces dix dernières années, aucun des équipements phares de la Picardie n’a été réalisé par des architectes picards…».

Même si le métier d’architecte est de plus en plus compliqué, il continue d’attirer : « C’est un vrai paradoxe, sourit Régis Thévenet. La profession bénéficie d’une côte d’amour élevée, mais il y a une réelle méconnaissance de notre métier, et l’idée reçue que faire appel à un architecte est hors de prix, alors que nous margeons moins qu’un constructeur individuel. » Des coûts moindre donc, alliés à l’assurance en passant par un architecte picard d’avoir un équipement de qualité : grâce à l’Association pour la formation des architectes (AFAPI) de Picardie, organisme de formation reconnu au niveau national, qui dispense des formations tout au long de l’année sur des thématiques d’actualité.

Amélie Péroz