Stratégie nationale de santé, débat régional

Publié dans le numéro 3510 par

 

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Les intervenants de la première table ronde dont au micro Philippe Lorenzo, de l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé.

Les intervenants de la première table ronde dont au micro Philippe Lorenzo, de l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé.

C’est devant un amphithéâtre de Mégacité plein à craquer que le directeur de l’Agence régionale de santé Picardie, Christian Dubosq, a rappelé ce que propose la stratégie nationale de santé lancée par le Premier ministre en février 2013. « Refonder notre système de santé, et une méthode : mobiliser l’ensemble des acteurs – citoyens, élus, partenaires sociaux et professionnels de la santé – autour de cette ambition forte ». Une démarche participative donc pour relever les défis. La prévention et l’organisation des soins font partie des enjeux. « Il s’agira aussi d’améliorer la formation des associations d’usagers. Un domaine dans lequel nous sommes déjà investis puisque l’ARS de Picardie y consacrera environ 100 000 euros sur quatre ans », poursuit le directeur. Afin de lutter contre le renoncement aux soins pour des motifs économiques, la stratégie nationale de santé prévoit notamment la généralisation du tiers payant pour l’ensemble des soins de ville. Cela signifie que les patients n’auront plus à avancer de frais lorsqu’ils iront consulter un médecin.

L’accès géographique aux soins
La Picardie est souvent désignée comme l’une des régions les plus touchées par le phénomène de désert médical. « Avec une moyenne de 77 médecins généralistes libéraux pour 100 000 habitants, notre région est bien la dernière en matière de densité médicale. Toutefois, il faut apporter quelques nuances à cela, car nous observons dans l’étude menée conjointement entre l’INSEE et l’ARS que l’accès aux généralistes reste facile en Picardie. Notre région se situe dans la moyenne nationale lorsque l’on rapporte la densité médicale à la structure par âge de la population et donc aux besoins en soins », complète Christian Dubosq. L’étude montre aussi que la Picardie aura besoin de 700 nouveaux médecins généralistes d’ici à 2020. Pour y parvenir, la question de l’attractivité des territoires reste prédominante. « C’est d’abord l’enjeu des actions et initiatives portées par les acteurs privés, associatifs, publics, de l’État et des collectivités territoriales, reprend-il. L’ARS y prend aussi sa part. Parmi les dispositifs mis en oeuvre, 41 contrats d’engagement de service public ont été signés depuis 2010. 29 projets de maisons de santé pluri-professionnelles ont été labellisées, sept ouvertures sont prévues en 2014 pour ne citer que ces exemples ». L’ARS de Picardie et ses partenaires lanceront par ailleurs cette année plusieurs expérimentations et innovations telles qu’un guichet unique d’installation pour les médecins et les infirmiers. Et une filière d’excellence pour favoriser le potentiel des jeunes picards que se destinent à des études dans le domaine de la santé. Dans le même temps pour refonder l’organisation de la prévention, chaque intervenant du débat régional présent à Mégacité est venu rappeler comment rompre avec une approche classique centrée sur le soin. Alain Trugeon, de l’Observatoire régional de la santé et du social de Picardie, ainsi que Philippe Lorenzo, de l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé ont mis en avant un modèle global d’intervention permettant d’agir sur les différents déterminants que sont l’éducation, l’insertion, l’enfance et la parentalité, l’habitat, les transports, le pouvoir d’achat ou encore la qualité de l’air et de l’eau.