La place de la fonction publique au sein de la région Picardie

Publié dans le numéro 3510 par

 

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En Picardie, au 31 décembre 2011, plus de 150 300 salariés travaillaient dans la fonction publique, soit respectivement 22,4% de l’emploi régional et 2,7% des effectifs nationaux. Alors que la moyenne nationale ne se situe qu’à 20,4%. Ceci place la Picardie au sixième rang des régions de métropole pour la part du public dans l’emploi.
Dans la région, le nombre d’emplois publics pour 1 000 habitants, qui définit le taux d’administration, s’élève à 78%. Il est l’un des plus faibles de France et situe la Picardie au 19e rang des régions de métropole devant Rhône-Alpes, l’Alsace et les Pays de la Loire.
Cette observation peut sembler paradoxale étant donné qu’au sein de la région Picardie, la part de l’emploi public dans l’emploi total est l’une des plus fortes du pays. Cela s’explique notamment par le fait que l’offre globale d’emplois localisée est faible et ne couvre pas les besoins de la population, obligeant près de 20% des actifs à travailler hors de la région.

Baisse des effectifs en 2011
En Picardie, entre 2010 et 2011, les effectifs de la fonction publique ont baissé de 1 600 agents, soit une baisse de -1%. Comme sur le plan national, elle est uniquement due à la fonction publique d’État. En Picardie, celle-ci perd 2 700 emplois, soit 4% de ses effectifs, trois fois plus qu’au plan national. Plus spécifiquement, cette diminution porte, en Picardie, sur des contrats aidés, soit 900 sur un total de 1 600.
Cependant, l’emploi augmente en 2011 dans les deux autres composantes de la fonction publique, soit respectivement de 2% pour la fonction publique hospitalière et de 0,7% pour la fonction publique territoriale.

Premier employeur public
En Picardie comme en France, la fonction publique d’État (FPE) est le premier employeur public.
Avec 60 200 agents dans la région, son poids dans l’emploi public est plus faible (40%) qu’au plan national (45%). Pour aller dans le même sens, il faut savoir qu’avec 9% de l’emploi total, la part de la fonction publique d’État dans l’emploi régional se situe légèrement en dessous de la moyenne nationale, soit 9,2%.
Au sein de la FPE, la ventilation des emplois par ministère en Picardie se caractérise par la place prépondérante de l’Éducation nationale. Elle concentre 57% des effectifs, soit 13 points de plus par rapport au niveau national. Ce résultat s’explique par la jeunesse de la population, sa fécondité et par la moindre présence de certaines activités, notamment la Défense ou encore l’Enseignement supérieur et la Recherche publique. On note que dans la FPE, les cadres A sont majoritaires, soit 55%, en raison des effectifs d’enseignants. Alors que les cadres C représentent la moitié des effectifs de la fonction publique picarde pour afficher un total de 73 300. La fonction publique territoriale se place second rang pour l’emploi public régional. La fonction publique territoriale regroupe 49 800 emplois et représente 33,1% des effectifs, ce qui la place au second rang pour l’emploi public régional. Par rapport au total de l’emploi picard, ceux-ci représentent 7,4% alors que le taux observé à l’échelle nationale n’est que de 7%. La fonction publique territoriale se différencie aussi en Picardie du plan national par la place importante occupée par les structures intercommunales. Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et les syndicats intercommunaux concentrent près du quart des effectifs de la FPT soit 23,9%, alors que leur part n’est que de 13,3% en France.
La Picardie comprend de nombreuses petites communes qui ont peu de moyens pour embaucher et grâce à l’intercommunalité, elles trouvent une solution à ce problème via leur mutualisation.
La fonction publique hospitalière emploie 40 300 personnes et regroupe 27% des effectifs de la fonction publique picarde contre 21% en France. En Picardie, la fonction publique hospitalière occupe 6% du total des emplois contre 4,3% au niveau national.

Une fonction publique jeune et féminisée
Cette surreprésentation de l’emploi hospitalier dans l’emploi public conduit à un taux d’administration de la fonction publique hospitalière plus élevé qu’en métropole, soit 21% contre 18%. Celle-ci explique en grande partie le poids important dans la région des effectifs de la fonction publique dans l’emploi total.
On observe que la part des femmes dans la fonction publique picarde est plus élevée qu’au plan national, soit 64% contre 61%. Cet écart s’explique par un effet structurel, à savoir la surreprésentation de la fonction publique hospitalière. Celle-ci est la plus fortement féminisée, comprenant 77% de femmes, en Picardie comme en France.
De plus, la part importante de l’Éducation nationale (secteur féminisé à 70%) au sein de la fonction publique d’État (FPE) en Picardie, contribue également à la surreprésentation des femmes dans la FPE par rapport à la moyenne nationale, soit 58% contre 54%.
Les fonctionnaires picards sont également les plus jeunes puisque la Picardie est la deuxième région de France où la part des agents de la fonction publique de 50 ans et plus est la plus faible avec 28,1% pour une moyenne nationale de 29,7%. Cela résulte du système de mutation, les départs de la région étant remplacés par l’affectation de jeunes. Ce taux de 50 ans et plus est faible dans l’Oise avec 26,8%.
La région Picardie, se distingue par ses 6 000 bénéficiaires d’emplois aidés, soit 4% des effectifs totaux, représentant le double de la moyenne nationale.
Au plan national, la moitié des contrats aidés dépendent de la fonction publique d’État, alors que ce n’est le cas que de 29% d’entre eux dans la région. À l’opposé, la fonction publique territoriale emploie 55% des contrats aidés dans la région et seulement 38% en France. Cet écart s’explique par diverses mesures mises en place par les collectivités locales de la région, notamment les emplois solidaires, dans le cadre du dispositif d’appui à la vie associative par le conseil régional.
À noter également, une présence plus marquée de la fonction publique d’Etat dans l’Oise. Elle représente 44% des effectifs du public, soit, respectivement, 6 et 7 points de plus que dans l’Aisne et la Somme. Cette situation tient en partie aux effectifs de l’Éducation nationale, plus fournis en raison d’une population plus nombreuse et plus jeune, et à ceux de la Défense, moins présents dans le reste de la région.

Données issues de l’étude menée
par l’Insee n°86-2014.,