La dépollution des cartouches laser toner : une innovation signée

Publié dans le numéro 3506 par

 

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Deux ans seulement après avoir lancé DEFITH.60, Marc Ben Taleb peut s’enorgueillir d’avoir réussi son pari. Sa plate-forme de reconditionnement de matériel informatique en fin de vie, destinée à la formation et à l’insertion des personnes handicapées, tourne à plein régime. Mais ici point de cadences infernales. Ces volontaires, qui ont en commun le désir de s’arracher des pièges de l’assistanat et de la précarité, ne travaillent jamais plus de quatre heures d’affilée. Dans le labo, sous le regard vigilant d’un encadrant informatique et social, ils apprennent à démanteler les D3E et à en valoriser les fractions électriques et électroniques. « Les D3E sont un support attractif, évolutif où les travailleurs handicapés apprennent à développer une vraie compétence », explique le responsable. Un savoir-faire qui permettra à plus de 60% de ces hommes et de ces femmes de trouver un emploi à l’issue de leur formation, pour certains en CDI. L’atelier d’insertion accueille 24 personnes chaque année, dont 85% résident dans les quartiers prioritaires de l’agglomération creilloise. « L’an passé, 11 personnes sont sorties, ce qui fait que 35 personnes en fait ont pu être accompagnées », se réjouit-il. Si DEFITH.60 travaille déjà avec 25 entreprises du bassin creillois, d’autres se pressent sur les rangs : de l’autre côté du labo, les stocks laissent présager un carnet de commandes pléthorique.

Lauréat du Carrefour de l’innovation sociale

Marc Ben Taleb dans les coulisses de DEFITH.60 : les stocks de D3E.

Marc Ben Taleb dans les coulisses de DEFITH.60 : les stocks de D3E.

Fort de ce succès qui repose sur un partenariat entre entreprises solidaires du sud de l’Oise (Lenormant prête 3 000 m² de locaux sur les Marchesde- l’Oise) et collectif institutionnel* au sein duquel la CAC apporte son soutien financier, Marc Ben Taleb a créé Cap interim 60. « Cette structure crée des passerelles pour permettre aux personnes handicapées de pénétrer dans le monde économique », souligne- t-il. Mais cet ancien maître de conférences lillois, spécialisé dans la recherche appliquée avant de travailler au côté de Martine Aubry, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Son nouveau projet ? La dépollution des cartouches laser grâce à une machine conçue sur la plate-forme. Un projet qui a emballé le préfet de région et s’est vu récemment récompensé par un Lauréat lors du premier Carrefour de l’innovation sociale en Picardie. « Nous sommes capables de dépolluer les cartouches par extraction de la coque, permettant un fractionnement ciblé du produit, c’est mieux que le recyclage car cela permet de transformer les composants en matière première », s’enthousiasme Marc Ben Taleb. Et les entreprises de la région, comme la société Hénon de Montataire, sont très intéressées… « Le projet, qui va démarrer dans les prochaines semaines, porte sur 500 tonnes annuelles avec, à la clé, la création de six, puis douze emplois d’avenir. Je cherche des partenariats pour la poudre de toner et suis en contact avec l’UTC. Le procédé va nous permettre de nous attaquer à un autre marché, celui des extincteurs », conclut-il. Une innovation en forme de nouvelle niche industrielle pour le bassin creillois ?