Climat : il est urgent d’agir

Publié dans le numéro 3503 par

 

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D. R. Le deuxième séminaire des acteurs du Plan climat vient de se dérouler à Grand-Laviers, dans la Somme. Élus et acteurs sont venus s’informer et débattre sur les orientations en matière de changement climatique de la Picardie Maritime.

D. R. Le deuxième séminaire des acteurs du Plan climat vient de se dérouler à Grand-Laviers, dans la Somme. Élus et acteurs sont venus s’informer et débattre sur les orientations en matière de changement climatique de la Picardie Maritime.

Une cinquantaine d’élus et acteurs du territoire (agriculteurs, industriels…) ont participé au deuxième séminaire du Plan climat à Grand-Laviers, près d’Abbeville. L’étude de vulnérabilité des activités du territoire (habitat, industrie, agriculture, services, milieux naturels…) au changement climatique a été présentée et des ateliers thématiques leur ont permis de participer à la définition de la stratégie et des actions afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d’adapter les activités aux effets du changement climatique.

Grand enjeu
Car l’enjeu est grand : «On prévoit une hausse de la température moyenne, une baisse du nombre des jours de gel, des précipitations plus hétérogènes, de la sécheresse et une augmentation du niveau des mers, présente Bettina Lanchais, chargée de mission énergie climat à Baie de Somme Trois Vallées. Cela aura des conséquences sur l’agriculture par exemple en jouant sur le cycle des plantes et la biodiversité. Les plantes ont besoin de gel pour pousser. Le gel est important pour tuer les parasites. La forêt de Crécy est une hêtraie. Les hêtres vont mourir ou moins pousser. Il faudra modifier les essences…»
Aujourd’hui, l’essentiel est d’agir sur les émissions de gaz à effet de serre tout en maintenant les activités. Cela passe notamment par des économies d’énergie comme avec les énergies fossiles, le co-voiturage, les animations… Toutefois, l’heure n’est pas encore au catastrophisme. Mais de nombreuses questions vont se poser notamment concernant les vaches : en restant dans les étables, les émissions de méthane sont moins nombreuses, les excréments peuvent faire l’objet de méthanisation mais « les prairies vont souffrir d’érosion », comme l’a souligné Philippe Crimet, président de la communauté de communes du Vimeu Vert.

Faire le point
Ségolène Lathuile, chargée du développement durable à la chambre de commerce littoral normand picard assure : « Des journées comme celles là permettent de rencontrer les différents acteurs et de faire le point sur les démarches en cours sur le territoire. Il y a toujours des entreprises à accompagner sur le bilan carbone. Il faut aussi travailler sur la maîtrise de l’énergie, chauffage éclairage, process… Ça va jusqu’au changement de chaudière, l’installation de pompes à chaleur…» Parmi les pistes d’actions évoquées lors du séminaire concernant le secteur industriel citons notamment le biogaz ou l’électricité comme énergie à utiliser pour les flottes de transport collectif, la réalisation de plates formes multimodales de transport de marchandises, le développement de filières industrielles d’énergies renouvelables… En Picardie Maritime, c’est surtout sur le littoral que les enjeux sont grands. Entre la falaise d’Ault qui recule inexorablement, Cayeux, qui pourrait encore être inondée, ou les digues de l’Authie qui sont fragiles… la nature est reine. Une dépoldérisation de la ferme de la Caroline est en test : « À Cayeux, les épis ne suffiront pas toujours, explique Nicolas Dumont, président de la communauté de communes des Trois Vallées et maire d’Abbeville. L’eau va monter d’un mètre d’ici à la fin du siècle. Le déplacement d’Ault est inévitable. Nous avons toujours eu de la chance comparé au Finistère. Il n’y a toujours eu que des dégâts matériels et pas de victimes. » Comme l’a rappelé Carole Piedvache, du cabinet ETD (Énergie territoire et développement) de Conty : « Si les vents avaient été de sud il y aurait eu des dégâts… »