La Poésie du passé ouvre les portes de son atelier boutique

Publié dans le numéro 3486 par

 

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Située à Gicourt, hameau d’Agnetz, la boutique atelier de Michèle Gotty aux accents british mais résolument française, est un paradis pour ceux qui raffolent du charme cosy des maisons d’autrefois. Un charme sublimé par la patte de cette experte en déco qui a bourlingué plus de vingt-cinq ans dans le monde des antiquités, vendues naguère dans son magasin appelé alors La Musardière. Mais toutes les histoires ont une fin. Voici trois ans, Michèle Gotty a décidé de tourner la page. « J’étais lassée, explique-t-elle, mais toujours passionnée par la déco et la création. » Cette semi-reconversion, Michèle Gotty l’a opérée en douceur. Ne conservant que 10 % d’antiquités traditionnelles, elle s’est tournée vers le linge d’autrefois, mixant également pièces de déco anciennes revisitées au goût du jour (la patine est sa grande spécialité) et objets neufs au cachet romantique. « Pour les objets neufs, j’aurais pu opter pour une marque de type Amadeus, note-t-elle, mais j’ai privilégié les petites unités de production. » Les objets, coussins, bibelots, petits meubles, sont donc en série limitée, à l’instar de ses propres oeuvres qu’excellent à façonner ses doigts de fée. De ravissantes pièces mêlant dentelles, broderies anciennes à des textiles nobles (lin, chanvre, métis), des tons beige ou taupe qui font tout l’attrait de ce style “shabby” chic, si souvent en une des magazines de décoration. La Poésie du passé est une invitation au rêve et à la créativité. « Les femmes disposent de peu de temps, j’ai donc confectionné des kits de création, comme ce kit de jupon d’abat-jour réalisable en deux ou trois heures. Le prochain sera un cadre patiné permettant de reproduire monogramme ou transfert d’image. » Parallèlement à cet univers déco, Michèle Gotty veut développer la mercerie ancienne – elle possède « des stocks énormes » – et créative : linge de maison dont des pièces introuvables (sauf chez elle), coupons neufs, dentelles, mais aussi fils de soie, fils à broder teints à la main sans oublier son produit phare : la lirette. Au XVIIe siècle, elle désignait des morceaux de tissu récupérés pour en faire des vêtements ou des tapis. Plus de trois siècles après, recycler est devenu un art de vivre. « Ce fil de jersey se tricote avec un crochet de 12. C’est écolo, et rapide ! On fabrique un joli sac en trois heures mais on peut faire aussi des colliers. Je propose des écheveaux de 450 grammes ou un kilo dans une quarantaine de coloris avec un rapport qualité/ prix imbattable. » Michèle Gotty vient de faire un tabac au dernier salon de Compiègne avec cette lirette qu’elle commercialise comme ses multiples produits sur son site Internet La Poésie du passé et dans sa boutique d’Agnetz. Un lieu enchanteur qui bruissera au printemps prochain d’ateliers créatifs ponctués de goûters maison comme seule Michèle Gotty en a le secret.