Kogeban, la centrale de co-génération biomasse, prête pour le lan

Publié dans le numéro 3485 par

 

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20 à 25 camions jour approvisionnent cette immense chaudière qui fonctionnera tous les jours de l'année.

20 à 25 camions jour approvisionnent cette immense chaudière qui fonctionnera tous les jours de l'année.

Après deux années de construction et d’installation de cet immense site d’un projet biomasse, première concrétisation en Picardie, les derniers essais sont en cours. Dans quelques semaines, cette centrale de production électrique qui utilise l’énergie issue de la combustion du bois, va produire 16 mégawatts par an pour le réseau électrique soit la consommation annuelle de 31 000 foyers et 55 tonnes de vapeur par heure pour l’usine agroalimentaire Ajinomoto située à quelques mètres. Si le projet est innovant il va également permettre la réduction des fuites de 85 000 tonnes de CO2 par an.
Kogeban portée par Nérea, filiale du groupe Akuo Energy, représente un investissement de 80 millions d’euros, financé par un poll bancaire conduit par Caisse d’Epargne Picardie et Natixis Energéco (groupe BPCE).

Du bois venant des forêts picardes
Le directeur général Christophe Beaudelet est sur le projet depuis 2005 et veille sur les derniers essais. « C’est un gros chantier. Plus d’une centaine d’entreprises y ont travaillé durant ces 24 mois et nous sommes dans les temps pour la mise en route. Cette centrale va engendrer de l’emploi puisque nous avons embauché 26 personnes pour la centrale et sept personnes à l’approvisionnement. Le bois que nous utilisons partait vers une papeterie dans l’Aisne qui a fermé et qui utilisait 400 000 tonnes de bois par an. C’est donc une nouvelle filière pour les forestiers puisque nous utiliserons ces 400 000 tonnes de bois annuel », explique le directeur général. « Chaque jour, entre 20 et 25 camions de grumes arrivent sur le site. Le bois vient principalement des forêts picardes et des départements limitrophes. Tous les camions sont pesés avec huit prélèvements sur chaque camion. Ces échantillons de bois sont placés en étuve durant 24 heures pour être analysés, ce qui entraînera le prix d’achat du bois. Après le prélèvement, le bois est directement coupé par une coupeuse qui le réduit en plaquettes de quelques centimètres. Ces plaquettes sont dirigées par tapis roulant dans l’immense chaudière qui fonctionne 365 jour par an », explique Philippe Pascal le directeur de la SABEHF, société qui gère l’exploitation du bois, en montrant le stock de bois de 45 000 tonnes. Ce stock sera utilisé en période hivernale pour pallier les difficultés d’approvisionnement durant les mois d’intempéries, puisque la chaudière fonctionnera sans interruption.

Un deuxième projet en cours
Un deuxième projet de même envergure est en cours d’installation à Estrées Mons près de Péronne. Celle-ci fournira 25 tonnes de vapeur par heure à l’usine Bonduelle et permettra de livrer 13 mégawatts sur le réseau électrique soit la consommation annuelle de 25 000 foyers. Cette centrale sera également approvisionnée par la SABEHF, la société d’exploitation du bois, qui gère le site de Nesle. Ce projet qui devrait être inauguré fin 2014, est porté également par Néréa. Il représente un investissement de 63 millions d’euros. Ces deux centrales et la plateforme biomasse doivent permettre la création de près de 190 emplois dont 50 sur sites et 140 dans l’ensemble de la filière d’approvisionnement sylvicole.