Egalité professionnelle : un enjeu majeur

Publié dans le numéro 3485 par

 

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En Picardie, les femmes, représentent 51% de la population et 46% des actifs. Plus diplômées, les Picardes sont cependant tout aussi exposées au chômage (50% des demandeurs d’emplois en décembre 2012), et ne représentent que 37% des cadres. L’égalité salariale peine également à être respectée. Ainsi, en 2010, l’écart des salaires entre femmes et hommes était en moyenne de 16% en Picardie. Pour pallier ces inégalités, les obligations légales ont été renforcées. Les entreprises de moins de 50 salariés doivent prendre en compte l’égalité professionnelle et peuvent bénéficier d’aides dans le cadre du contrat pour la mixité des emplois. Les entreprises de plus de 50 salariés, elles, doivent établir un rapport de situation comparée, le soumettre au comité d’entreprise, conclure un plan ou accord en faveur de l’égalité femmes-hommes, et le déposer auprès de la DIRECCTE. « Les entreprises doivent choisir trois ou quatre domaines d’actions en fonction du nombre de salariés [moins ou plus de 300] parmi l’embauche, la formation, la promotion professionnelle, la classification, la qualification, les conditions de travail, la rémunération effective [obligatoire] et l’articulation entre vie professionnelle et familiale », explique Philippe Suchodolski, chef du service Politique du travail à la DIRECCTE. En cas de non-respect de la loi, l’entreprise risque une amende pouvant s’élever à 1% de la masse salariale. La DIRECCTE Picardie mène actuellement une étude sur le contenu de ces accords, une première en France. Les résultats seront dévoilés courant octobre.

Intégrer l’égalité professionnelle

« Ce n’est pas parce que l’égalité professionnelle est un sujet récurent qu’elle est effective. C’est pourtant l’affaire de tous, et c’est pour cela qu’il faut en faire un thème transversal », explique Nadia Castain, déléguée régionale aux droits des femmes. « Aujourd’hui, le gouvernement a fait de l’égalité professionnelle une politique interministérielle, avec, à la clé, des effets immédiats ». Le Préfet a d’ailleurs signé en mai un plan visant à intégrer l’égalité au sein de l’ensemble des politiques locales. Nadia Castain, elle, continue de mobiliser l’ensemble des acteurs autour de ce thème. Des accords ont été d’ailleurs été signés avec des branches professionnelles (transport, bâtiment…), et des syndicats (CFECGC, FO, CFDT). Des actions sont également menées avec l’Académie et l’université de Picardie Jules Verne pour améliorer l’orientation des femmes et favoriser la mixité des emplois. L’Agefos-PME, qui regroupe 14 000 entreprises sur les régions Nord et Picardie, et qui s’est largement impliqué dans le volet formation en matière d’égalité professionnelle, continue d’accompagner les entreprises aussi bien sur la réalisation du plan de situation comparée que sur le développement d’une gestion des res-sources humaines et l’intégration de l’égalité professionnelle: « Nous utilisons comme porte d’entrée l’emploi et la formation et nous démontrons également au chef d’entreprise que les obligations liées à l’égalité professionnelle sont bénéfiques, que ce soit au niveau du recrutement, de la compétitivité ou de l’image véhiculée par l’entreprise », explique Virginie Rigolle. Autre approche, celle des conditions de travail : « Nous intervenons à la demande des entreprises, nous menons une étude qui fait apparaître des chiffres clés et qui mettent en évidence des points à améliorer. Grâce à des indicateurs sexués, nous avons pu mettre en évidence les inégalités entre hommes et femmes », commente Laurence Théry, directrice du CSTP-ARACT Picardie. « Nous analysons également les statistiques, ainsi, nous avons pu établir que les maladies professionnelles augmentent deux fois plus chez les femmes, alors que les chiffres étaient les mêmes pour les hommes et les femmes en 2008 ».