Stéphane Deblock allie culture et biodiversité

Publié dans le numéro 3481 par

 

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Ce partenariat novateur pour cette plate-forme expérimentale, conclu entre BASF agro et cette exploitation de 190 hectares, permet de présenter les résultats réalisés après un diagnostic du territoire. Depuis 22 ans, Stéphane Deblock cultive blé, colza, betterave, pois, haricots, navets. Il accueille dans un de ses bâtiments, depuis des années, BASF agro et ce n’est que depuis deux ans qu’il a décidé d’être l’une des 11 fermes de France à participer au programme BiodiversiD. Quatre hectares lui sont consacrés. Bertrand Debret, directeur de l’agriculture durable de la société, explique : « Voici vingt ans que nous avons mis en place des expérimentations sur la protection des cultures et apporté des solutions pour l’agriculture durable. Cet oasis de biodiversité au coeur d’une agriculture performante est un lieu de dialogue et d’échanges entre les partenaires impliqués dans cette initiative. » En effet, agriculteurs, apiculteurs, entreprises et associations sont partie prenante. Le réseau Phare travaille étroitement avec le réseau abeille, l’ONF et la Fédération des chasseurs de la Somme. Yves Butel, son président, estime que « le rapprochement de l’agriculture et de la chasse sont indispensables à l’harmonie agricole. Les chasseurs sont un maillon de la ruralité. Nous semons chaque année 150 ha de fleurs dans des parcelles, et ce, en accord avec les agriculteurs. Nous faisons le suivi de reproduction des perdrix, des populations hivernales nicheuses, comme les pigeons ramiers, les alouettes, les pluviers, les passereaux, et nous installons des nichoirs. Ce qui est fait ici est magnifique, instructif et avant-gardiste ».

Grande diversité de fleurs
Philippe Lecompte, président du réseau Biodiversité pour les abeilles, détaille l’activité du réseau : « Nous réalisons sur des parcelles formées de haies et bosquets, et sous des pylônes électriques, situés à Saint-Christ-Briost (proche de Marchélepot), des diagnostics sur la population d’abeilles dans les jachères apicoles, et sur que le pollen sauvage apporte aux insectes et à la faune. » Quand les abeilles sont bien nourries, elles résistent mieux aux maladies, dont le mortel varroa. Une grande diversité de fleurs parsème ces espaces de quelques centaines de mètres carrés – coquelicots, mauves, trèfle blanc, moutarde, sainfoin –, que papillons et bourdons, excellents pollinisateurs, fréquentent aussi. Selon PerfAlim, indicateur mis en place par BASF agro, la ferme de Stéphane Deblock permet de nourrir 5 617 personnes, soit 30 personnes à l’hectare. L’investissement pour une jachère apicole est de 300 €/ha et une haie vivace de 100 m de long, 600 €. L’exploitation de Marchélepot est une vitrine expérimentale dont les bénéfices sont testés et mesurés en conditions réelles par des experts. Pour Stéphane Deblock « la culture en France est performante en termes de résultats et sécurité alimentaire. La biodiversité doit être médiatisée afin qu’il y ait de plus en plus d’agriculteurs qui s’y mettent. L’investissement est modique comparé à ses bienfaits, et cela ne nous ampute pas beaucoup de terres agricoles ». L’enjeu est important car il faut anticiper la mise en oeuvre de la nouvelle PAC qui concerne plus de 500 000 exploitations agricoles en France.