Les entreprises centenaires, entre tradition et innovation

Publié dans le numéro 3484 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Au fin fond du Vimeu, en plein coeur de Saint-Quentin ou dans le Compiégnois, leurs noms brillent encore de mille feux. Notre région compterait 835 entreprises centenaires : « Elle se trouvent là où il y avait des points forts comme le verre, dans la vallée de la Bresle, la serrurerie dans le Vimeu, la nacre du côté de Méru, explique t-on à la chambre de commerce et d’industrie de la région Picardie. Elles ont prouvé qu’elles ont su s’adapter, traverser les guerres, les crises. Certaines ont su se montrer en avance sur leur temps comme l’entreprise Tereos d’Origny-Sainte-Benoîte qui a su développer les bioressources.» Kindy à Moliens, Saverglass à Feuquières, Godin à Guise, Trogneux et Yvert & Tellier à Amiens, Delabie à Feuquières-en-Vimeu … Toutes portent ensemble et séparément un peu de l’image de la Picardie. Et surtout, elles emploient des centaines de salariés au savoir-faire inégalé et transmis de génération en génération : « Regardez le flaconnage de luxe, les élus ou responsables des chambres de commerce montrent ces entreprises en exemple. Elle portent un véritable potentiel. On devrait plus s’appuyer sur les entreprises centenaires pour parler de l’industrie dans notre région », poursuit-on à la CCIR.

Des difficultés dans le textile

Avec les décennies, certaines de ces entreprises ont disparu, en grande majorité dans le textile, comme la fabrique de velours Cosserat à Amiens : « Ces entreprises sont mortes car leurs dirigeants n’ont pas su innover, bouger quand il y a eu l’arrivée de la concurrence asiatique », relate Elisabeth Gillion, auteur des Belles centenaires de Picardie. Selon elle, l’innovation est l’une des clés de la pérennité des entreprisesencore vivantes : « Elles ont une forte culture d’entreprise. Elles ont toujours su déceler les nouveaux produits, se renouveler, saisir les occasions. Les dirigeants ont souvent beaucoup de charisme, de personnalité. Ils vivent leurs entreprises comme une passion. Ils donnent tout. C’est un investissement entier. L’innovation est aussi sociale et économique à la fois ». Il suffit d’assister à une remise de médailles aux salariés pour voir certains dirigeants fondre en larmes…

« Il y a une vraie solidarité de territoire, poursuit-on à la chambre de commerce et d’industrie régionale. La proximité géographique des salariés avec leurs entreprises renforce la solidarité. C’est un véritable plus qui permet une prise de responsabilité des uns et des autres.» Côté financier, bien souvent, les capitaux restent dans la famille. Des filiales sont parfois créées pour asseoir encore plus l’entreprise dans le futur. Les dirigeants qui n’aiment pas perdre des marchés se montrent opportunistes. Ils font en allant « sans se prendre la tête », dixit Elisabeth Gillion. Ainsi donc, notre région abrite de bien belles entreprises qui ont su traverser les années et les tempêtes. Elles font partie intégrante de la culture et de l’histoire picardes. Certaines d’entre elles ouvrent leurs portes de manière exceptionnelle ou lors de manifestations comme lors du printemps de l’industrie.