Le photographe philosophe

Publié dans le numéro 3484 par

 

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Sylvain Bouture, photographe au parcours atypique.

Sylvain Bouture, photographe au parcours atypique.

Avant d’être photographe, Sylvain Bouture voulait être chercheur. La photo, il en faisait déjà à l’âge de 15 ans, lorsqu’il allait photographier les oiseaux le week-end. A la fin de ses études scientifiques, le Picard s’oriente en philosophie des sciences. « Puis mon avenir professionnel bascule lorsqu’un de mes amis photographe professionnel me propose de prendre la suite de son travail. Il m’avait pris sous son aile déjà bien avant cela en m’apprenant le métier et en développant en moi la part artistique dans mes clichés. J’avais déjà pensé à me lancer car j’avais déjà pas mal de demandes de prise de vue ». Aujourd’hui Sylvain Bouture passe le plus clair de son temps avec des classes de maternelle et primaire pour la traditionnelle photo de classe. Une vingtaine d’écoles du département fait appel aux services du photographe philosophe qui, cerise sur le gâteau, arrive dans la classe avec un choix de décors thématiques de sa conception. Ainsi, décors de cirque, de cuisine, de jardin, rock n’roll, africain et autres viennent casser la monotonie du rang d’oignon. « Je suis demandé un peu partout, dans l’Oise, le Nord, et le sud du Pasde- Calais. J’aimerais bien développer cette partie de mon travail. Parallèlement, je réalise des portraits à domicile et des photographies d’entreprise ou de clubs de sport ».

Travail à l’ancienne
Son appareil, un Pentax, son véhicule: un vieux C15 dont le klaxon amuse d’ailleurs beaucoup les enfants. Ses spots 600 watts, et ses tirages sur kodak royal, le meilleur de la qualité papier, en disent long sur ce côté artisan que Sylvain Bouture aime à cultiver. « Mes parents étaient artisans, donc je savais où je mettais les pieds en reprenant cette affaire. J’ai pu compter sur l’aide du réseau J’entreprends en Somme. Mes interlocuteurs chez Initiative Somme ont toujours été à mon écoute. J’ai participé au stage de préparation à l’installation de la chambre de métiers et de l’artisanat de la Somme. J’ai également obtenu en septembre 2012 un prêt d’honneur de 5 000 euros », conclut le photographe, également enseignant vacataire en épistémologie et formateur au CHU. Sylvain Bouture ne s’arrête pas là. Lui qui aime avoir au moins une fois par mois son bain de révélateur, travaille depuis dix ans sur un livre en noir et blanc sur le thème de Nature de Guerre. 38 triptyques sur la mort, le souvenir et l’oubli, accompagnés de citations d’auteurs qui ont connu la guerre 14-18.