Pour un dynamique économique des quartiers

Publié dans le numéro 3461 par

 

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Responsable de Oise-Ouest initiative, Vanessa Foulon pilote les demandes de fonds d’amorçage sur les quartiers prioritaires.

Responsable de Oise-Ouest initiative, Vanessa Foulon pilote les demandes de fonds d’amorçage sur les quartiers prioritaires.

Il existe une multitude d’aides pour les créateurs d’entreprise, mais on s’est aperçu que les personnes vivant dans les quartiers dits sensibles n’osaient pas y prétendre, pensant que ce n’était pas pour eux », explique Vanessa Foulon, responsable de la plate-forme Oise-Ouest initiative qui porte le dispositif du fonds d’amorçage. Dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale (CUCS), la ville de Beauvais a alimenté ce fonds entre 2009 et 2011, qui fonctionne désormais sur son fonds de roulement et concerne des porteurs de projet des quartiers Argentine, Saint-Jean, Soie-Vauban et, dans une moindre mesure, Notre-Dame-du-Thil.

Prêt à taux zéro
Concrètement, les candidats à la création d’entreprise sont identifiés par la boutique de gestion BGE Oise, anciennement Le Roseau, au cours de ses permanences de quartier. La structure d’accompagnement les aide à constituer un dossier de demande qui sera examiné par une commission se réunissant trois à quatre fois par an en fonction des besoins. Présidée par Franck Pia, maire adjoint de Beauvais chargé de la politique de la ville, la commission regroupe un administrateur du CUCS, des représentants de BGE Oise, de Oise-Ouest initiative et de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique). Elle auditionne le candidat et lui accorde, ou non, un prêt de 1 000 à 3 000 euros, à taux zéro, remboursable en 12 à 24 mois. « L’intérêt, c’est que, contrairement aux autres dispositifs comme le prêt d’honneur Oise-Ouest initiative, ce fonds d’amorçage ne nécessite pas d’obtention parallèle d’un prêt bancaire », souligne Vanessa Foulon. Chaque année, un montant de 15 000 euros est ainsi affecté au financement de cinq à quinze projets de création d’entreprise. Depuis 2009, une trentaine de structures des quartiers beauvaisiens en ont bénéficié, pour un montant total de plus de 75 000 euros. Ce, dans des secteurs d’activité variés : commerce non sédentaire, transport/messagerie, désinsectisation et dératisation, peinture/maçonnerie, déménagement, coiffure à domicile, garage, pizzeria… « Les créateurs ont un peu tous les profils, jeunes ou moins jeunes. Ils se lancent souvent après une longue période de chômage dont ils veulent sortir en créant eux-mêmes leur propre emploi », reprend la responsable. Après la création, la jeune entreprise est accompagnée par BGE Oise pendant ses premiers mois d’activité. Et la plate-forme Oise- Ouest initiative est alertée des éventuelles difficultés, notamment en cas d’incidents de remboursement du prêt. « Aujourd’hui, il est encore trop tôt pour déterminer le taux de survie de ces entreprises, nous n’avons pas encore de statistiques », confie Vanessa Foulon, consciente que le public concerné est parfois un peu difficile, mais néanmoins convaincue qu’il est important de donner sa chance à tout le monde, avec un outil adapté et accessible à tous.