La relocalisation n’est plus une question taboue

Publié dans le numéro 3461 par

 

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La labellisation a été un des principaux sujets abordés lors de cette conférence et qui fera l’objet d’un atelier de la part de la Mets au mois de septembre.

La labellisation a été un des principaux sujets abordés lors de cette conférence et qui fera l’objet d’un atelier de la part de la Mets au mois de septembre.

La conférence aura au moins eu le mérite d’y voir plus clair dans le fonctionnement des entreprises thiérachiennes. Les adhérents auront d’ailleurs davantage de renseignements lors d’un prochain rendez-vous. Un atelier dédié à la seule question de la relocalisation et de la labellisation aura lieu au mois de septembre. L’attachement au territoire que représente la Thiérache reste fort, y compris pour le monde entrepreneurial. « Peu d’entreprises ont délocalisé », explique Carole Chantraine, de la Maison des entreprises de la Thiérache et de la Serre (Mets). L’intérêt à s’installer hors du secteur et à implanter une activité à l’étranger répond à de nombreuses exigences. En outre, la relocalisation en France, et en Thiérache, est une donnée compliquée. Et les exemples réussis ne sont pas légion.

Des raisons économiques

Pour cette raison, la Mets a fait appel à une entreprise connaissant bien ce problème de la relocalisation. L’un des principaux invités de la soirée du 4 avril était Vincent Gruau, le PDG de Majencia. Historiquement installée à Noyon, l’entreprise a aussi implanté une unité de production à Guise. L’entreprise a connu quelques soubresauts, il y a quelques années. Majencia avait ainsi été revendue à un groupe étranger qui avait décidé de délocaliser la production. Les cadres et les salariés de l’entreprise s’étaient alors battus pour permettre à l’entreprise de rester à Noyon et sur ses différents sites français, notamment celui de Guise. L’intérêt pour les adhérents de la Mets était de connaître les raisons de cette relocalisation en Picardie. La seconde entreprise invitée, Nespoli installée à La Capelle, est venue détailler les raisons de son départ en Chine. Raisons économiques avant tout, afin de se rapprocher de la matière première – le porc – pour la fabrication des pinceaux. Mais les choses ont désormais changé et la question de la relocalisation en France se pose. La hausse du coût des transports et le développement des fibres synthétiques donnent la possibilité à la société d’envisager un retour favorable en France.

Questions sur Made in France

Cette action de relocalisation s’est aussi illustrée par l’exemple du Cetim. Le Centre technique des industries mécaniques a développé une action dédiée à la relocalisation envers toutes ses entreprises adhérentes. L’idée était d’avoir le retour d’expérience pour les entreprises de la région, afin qu’elles connaissent les points importants à ne pas oublier en cas de délocalisation ou de relocalisation. Le retour sur les coûts cachés ou le coût de stockage sont bien souvent oubliés lorsqu’une entreprise partie à l’étranger souhaite revenir en France. D’autres freins existent aussi, comme la disparition possible de certains savoirfaire. Quant aux aides dispensées par l’Etat, les choses sont loin d’être aussi simples. Les questions autour du label Origine France garantie ont ainsi fusé. Majencia, une des premières entreprises françaises à bénéficier de ce label, a pu présenter les avantages que présente le « Made in France ». L’atelier organisé au mois de septembre permettra un retour sur ce label. Cela représente une vraie valeur ajoutée selon Majencia, et la possibilité de se démarquer par rapport à la concurrence. La relocalisation reste toutefois un phénomène marginal. Les normes et règlements, le coût des charges salariales très fortes en France retiennent les PME ou PMI de revenir en France. Si le « Made in France » reste une valeur forte et intéressante pour les entreprises de la Thiérache, la délocalisation n’est pas à l’ordre du jour pour beaucoup d’entre elles.