Zone industrielle Nord : vers une requalification de l’espace ?

Publié dans le numéro 3455 par

 

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L’usine Goodyear, installée sur une parcelle de 35 hectares, représente 10 % de l’emploi de la zone.

L’usine Goodyear, installée sur une parcelle de 35 hectares, représente 10 % de l’emploi de la zone.

Longtemps considéré comme le fleuron de la zone industrielle Nord avec l’usine Dunlop, le site Goodyear d’Amiens-Nord, en lutte depuis six ans, est aujourd’hui plus que jamais en péril depuis l’annonce par la direction du groupe d’un projet d’arrêt de la production, menaçant 1 173 salariés mais aussi la survie de l’espace industriel en tant que tel.
Si la zone industrielle a compté jusqu’à 30 000 emplois, elle en regroupe à présent 11 600, répartis dans 306 entreprises, mais reste malgré tout le premier bassin d’emploi en Picardie. Trois secteurs se partagent l’espace : l’industrie (67 %), les services (28 %) et le commerce (5 %).

Repenser la zone
« C’est une réflexion qui aurait dû être menée depuis fort longtemps. On savait bien que la désindustrialisation, les transformations des besoins de production, les règles environnementales allaient toucher de plein fouet l’espace industriel. Goodyear c’est un énorme morceau en termes d’emplois, d’espace, mais aussi de symbole parce que c’est l’une des premières entreprises à s’être implantées sur la zone. C’est vraiment un coup de massue », commente Jean-François Vasseur, vice-président d’Amiens Métropole en charge du développement économique. L’annonce de la fermeture du site a conduit l’élu à lancer avec la chambre de commerce une grande étude sur la requalification de la zone industrielle Nord. L’appel d’offres est actuellement en cours.
« Il y a toutes sortes d’entreprises qui se portent bien et que l’on ne peut pas mettre en péril par la déqualification de leur environnement ! Sur l’espace industriel, je pense qu’il est inconcevable de vouloir supprimer toute l’industrie ou la laisser mourir, ce qui peut aller très vite si on laisse l’environnement se dégrader. » Ces travaux devraient permettre de définir plus clairement la géographie de la zone, soit en conservant l’espace industriel dans sa globalité, soit en la sectorisant en gardant des poches d’activités industrielles et en requalifiant une partie en zone d’activité. « La question n’est pas de toiletter ou de refaire la signalisation, mais de savoir ce que l’on peut apporter comme améliorations en termes d’attractivité. On sait aujourd’hui que les zones d’activité, y compris les zones industrielles, ont besoin de dessertes, de transports, de services, de diversification de prestations. Cette étude doit nous permettre de déterminer ce genre de choses. »

Industrie & tertiaire
Si la zone compte aujourd’hui 7 800 salariés dans le secteur industriel, l’emploi industriel par de grosses unités s’amenuise, alors que la branche des services, qui représente pratiquement 30 % des emplois, est en constante augmentation. Si bien que la zone industrielle risque de basculer en zone d’activité, sans aucun contrôle. Une situation qui préoccupe Jean-François Vasseur : « Il y a une expérience sur le bas de l’avenue Roger-Dumoulin : des transformations de locaux industriels en tertiaire, dans des conditions complètement anarchiques. Cela veut dire que ça risque d’accélérer sans choix politique la transformation de l’espace et que, bien évidemment, sans contrôle cela fera une concurrence terrible avec le tertiaire de centre-ville. »