Somme Initiative et la place des femmes

Publié dans le numéro 3456 par

 

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Des femmes d’initiative mises en lumière, et croquées par Fred.

Des femmes d’initiative mises en lumière, et croquées par Fred.

Fait assez rare pour être évoqué, la tribune ce jour-là n’était constituée que de femmes, avec comme maître de cérémonie la journaliste indépendante Laurence Compain. En trame de fond de la première partie : les femmes et leur place dans le monde du travail, avec parmi les questions soulevées : peut-on concilier vie professionnelle et personnelle et si oui comment, lorsqu’on est une femme ?

Evolution naturelle
Si l’on s’en réfère au parcours de Marie-Claire Berson, la réponse est oui. Expert-comptable et commissaire aux comptes, cette mère de six enfants (et aujourd’hui grand-mère de onze petits-enfants) affirme que les deux sont compatibles : « Ce n’est pas une ligne droite, mais ça fonctionne », a-t-elle assuré en préambule, avant de plonger dans le vif du sujet, la représentation féminine dans l’entreprise et son évolution. Et même si les femmes françaises sont moins présentes qu’aux Etats-Unis dans les grands groupes, elles ont une plus grande place dans les conseils d’administration. « On assiste à une montée irréversible des femmes dans les entreprises françaises, c’est une évolution naturelle », estime Marie Claire Berson. Evolution qui sera légiférée en 2014, avec l’obligation légale de compter 20 % de femmes dans le conseil d’administration (un chiffre déjà dépassé) et 40 % en 2017. « La crise risque de ralentir ce processus, mais l’histoire de la place de la femme dans la société est récente, cela fait moins de quarante ans que les femmes ne sont plus sous la tutelle du paterfamilias », rappelle Marie-Claire Berson.

Arbitrage
Après avoir remis les choses dans leur contexte, Marie-Claire Berson a dévoilé le portrait robot de la femme chef d’entreprise, « qui colle à la femme française moyenne, mais avec un bagage de formation initial plus important ». La dirigeante est donc une femme de 40/ 50 ans, diplômée, avec deux enfants, et touchant 20 % de moins que son homologue masculin. La principale source d’inégalité entre les hommes et les femmes dans l’entreprise demeurant le salaire, même si elle tend à diminuer. « La période comprise entre 25 ans et 45 ans est déterminante pour l’accès aux fonctions de pouvoir », a souligné Marie-Claire Berson. Or c’est justement à ce moment que les femmes ont leur(s) enfant(s). Se pose évidemment la question de savoir si le choix professionnel des femmes est volontaire. Réponse de l’experte : « Il est en partie contraint, il s’agit d’un arbitrage entre la vie privée et professionnelle. » Marie-Claire Berson a également évoqué la création d’entreprise, révélant notamment que les freins évoqués par les femmes pour sauter le pas étaient le manque de confiance en elles et leurs aptitudes. Des freins qu’ont balayé d’un revers de la main les cinq femmes d’initiative (toutes aidées par une des associations du réseau Initiative Picardie à leurs débuts) invitées pour témoigner de leur parcours – réussi – de créatrices. Elles ont toutes su faire preuve de ténacité et de passion pour concrétiser leur projet, et su prendre un virage professionnel à 180° ou réaliser leur rêve d’enfant. C’est le cas de Marie Joubert, biographe installée à Boves, qui a eu dès ses 4 ans envie d’être journaliste (et qui l’a été pendant une douzaine d’années). Nathalie Thaine est elle à la tête d’Assist’ Dom Services (services à la personne) à Saint-Quentin. Dr en chimie, Nathalie Schnuriger a elle créé Bon appétit – une société coopérative de consommation – en 2010 à Compiègne. Magalie Delabre a elle repris en 2011 Ma Cantine, un petit restaurant à Beauvais où tout est fait maison, et enfin Hélène Guichard, qui après vingtsix ans passés dans une entreprise de robinetterie industrielle, a ouvert Les Bijoux d’Amphéa à Chantilly, bijoux qu’elle fabrique elle-même. Des parcours professionnels éclectiques, des vécus différents, mais toutes ces chefs d’entreprise avaient le même accent passionné et la même assurance face à leur choix de vie professionnelle, certaines d’avoir fait le bon.