Le Pacte territoire santé décliné en Picardie

Publié dans le numéro 3456 par

 

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Christian Dubosq, directeur général de l’ARS Picardie.

Christian Dubosq, directeur général de l’ARS Picardie.

La désertification médicale a touché deux millions de français ces cinq dernières années. Les inégalités entre territoires ne cessent d’augmenter et les délais pour accéder à un médecin spécialiste sont de plus en plus longs. Face à ces constats, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé le 13 décembre 2012, le lancement du Pacte territoire santé. Celuici a trois objectifs : changer la formation et faciliter l’installation de jeunes médecins ; transformer les conditions d’exercice des professionnels de santé ; investir dans les territoires de santé. Trois objectifs qui sont déclinés en douze engagements (voir encadré). Une double concertation, nationale et départementale, a été mise en place. Dans la région, l’Agence régionale de santé (ARS) de Picardie a organisé un rendez-vous dans chaque département au cours du mois de février (le 4 dans la Somme, le 11 dans l’Aisne et le 15 dans l’Oise). Le pacte a été présenté à près de 150 élus, professionnels de santé, étudiants, usagers qui ont pu apporter leurs observations et propositions.

Stages en médecine générale
« L’exercice de la médecine ambulatoire est en profonde mutation, constate Christian Dubosq, directeur général de l’ARS Picardie. Il y a un problème quantitatif manifeste. Les attentes des jeunes professionnels sont différentes de celles de leurs aînés. Cela se traduit par des retards d’installation. » Sur les douze engagements du Pacte territoire santé, « il y a des dispositifs qui visent à développer des mesures existantes et des dispositifs nouveaux », poursuit Christian Dubosq. L’une d’entre elle concerne l’objectif de stages en médecine généraliste pour 100 % des étudiants. En Picardie, 206 stages, d’une durée de deux mois, ont été proposés pour l’année 2012/2013. Et 175 externes, soit 77 % d’entre eux, effectueront l’un des ces stages en médecine générale.
Sur l’installation de professionnels de santé, notamment en milieux ruraux, « il faut accompagner plus et mieux », déclare le directeur général de l’ARS Picardie. L’engagement 4 du pacte prévoit un référent installation unique dans chaque région. C’est le cas en Picardie après la désignation d’un référent régional installation en janvier 2013. Sa mission est d’accompagner et d’orienter les jeunes professionnels de santé désirant s’installer en cabinet. Des installations qui peuvent se faire dans des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ou des pôles de santé, encouragés par l’engagement 5 : développer le travail en équipe.
« Nous voyons bien que nous avons besoin d’une présence », poursuit Christian Dubosq, qui évoque également la mobilisation des communautés de communautés pour attirer des professionnels de santé sur leur territoire. L’ARS Picardie suit 59 projets d’exercice libéral coordonné, dont 23 sont déjà labellisés. Et huit MSP devraient ouvrir d’ici la fin de l’année 2013.
Enfin, Christian Dubosq a évoqué la télémédecine qui « se développe de plus en plus en domaine hospitalier ». Plus de 800 patients sont pris en charge chaque mois grâce à la télémédecine.