L’agriculture picarde s’expose au salon de l’agriculture

Publié dans le numéro 3454 par

 

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Terroirs de Picardie proposait pendant le salons différentes produits issus des productions picardes.

Terroirs de Picardie proposait pendant le salons différentes produits issus des productions picardes.

Le salon international de l’agriculture est un événement au succès qui ne se dément pas. Il suffit de voir les allées bondées du Parc des expositions Paris Porte de Versailles pour s’en rendre compte. On en est même surpris de découvrir qu’il existe une sorte de « marché noir » pour les billets du salon, aux portes de l’entrée. La présence de stands de grandes marques de restauration rapide, ou de grandes surfaces, démontrent l’importance de l’événement.

Image de la Picardie
Pour trouver le stand Picardie, il faut déjà de longues minutes de marche pour atteindre le pavillon 7, qui accueille les régions de France et d’outre-mer. Puis monter au niveau 3 de ce même pavillon, traverser la Bourgogne, longer le plateau de France Télévision pour arriver aux 210 m² réservés à la Picardie. Sur cet espace, pas de bêtes, mais un espace restauration d’une quarantaine de couverts, un espace tourisme géré par le comité régional du tourisme, la boutique Terroirs de Picardie, et un espace réservé pour quatre producteurs picards et le réseau Bienvenue à la ferme. Le salon de l’agriculture, « c’est le rendez-vous de l’année », affirme Alexandre Derick, des Chocolats de Beussent-Lachelle, basé à Lachelle, dans l’Oise. Cette entreprise familiale créée en 1985 est propriétaire d’une plantation de fèves de cacao en Equateur, et assure la transformation en France à Lachelle et à Beussent dans le Pas-de-Calais. « Etre présent au salon, c’est très important, c’est toute la France qui vient nous voir. C’est toujours un bon rendez-vous commercial ou de communication », ajoute Alexandre Derick. .

Bienvenue à la ferme invitait les visiteurs à toucher la Picardie.

Bienvenue à la ferme invitait les visiteurs à toucher la Picardie.

« C’est l’occasion d’ouvrir une fenêtre sur la Picardie, pour que les gens mettent une image sur une région qui n’est pas la plus connue », affirme de son coté Marie-Christine Philibert. Avec son mari, elle anime, l’espace d’une journée, le stand de Bienvenue à la ferme, un réseau regroupant 190 agriculteurs picards. Cette fois, il était proposé aux visiteurs de « toucher la Picardie », ses produits, ses lieux, ses filières. Il était possible de toucher des oeufs, des betteraves, des étriers pour évoquer la filière équine, ou des feuilles en référence à la forêt. Les visiteurs du stand Picardie les plus nombreux restent cependant… les Picards. « Ils viennent voir l’image que l’on donne de la région », explique Alain Bahuchet, de la chambre d’agriculture de Picardie. Pendant le salon, c’est derrière les produits estampillés Terroirs de Picardie qu’on pouvait le trouver.

Trophées
La marque Terroirs de Picardie propose près de 600 produits dont les principales matières premières sont d’origine locale. Elle regroupe près de 90 exploitants et entreprises de la région. Les visiteurs pouvaient également les goûter dans l’espace restauration. « On a beaucoup de non Picards qui découvrent aussi nos produits », poursuit Alain Bahuchet. Le salon est alors l’occasion de donner une « idée culinaire » aux productions picardes. « Quand on dis Bordelais, Savoie ou encore Bourgogne, on a des idées de produits. Nous cherchons à changer l’image de la Picardie, quin’est pas seulement que du blé, des pommes de terres ou des betteraves. » La formation et l’élevage sont également au coeur de l’événement. Difficile d’en être autrement pour l’élevage, les bêtes étant les grandes stars du salon. L’élevage et la formation sont même liés puisque plusieurs établissements participaient au concours général agricole et avaient fait venir des animaux. C’est le cas du lycée agricole et viticole de Crézancy, dans l’Aisne, dont certains élèves ont participé aux concours des pointeurs de Prim Holstein, ou de Charolaise. L’établissement participe également au Trophée national des lycées agricole dont il est le détenteur. « C’est un salon professionnel, rappelle Etienne Roussel, directeur du lycée. L’objectif est de sortir nos élèves du lycée et de leur faire voir autre chose. » L’espace d’une journée, certains étudiants étaient chargés d’animer le stand de leur établissement. En présentant leur lycées et leur filières, notamment à l’aide d’un petit quiz. Quant aux éleveurs, pour en trouver un, c’est quasiment mission impossible. Si les bêtes sont présentes tout au long du salon, ce n’est pas le cas de leur propriétaires. Dans le pavillon « bovin », on réussit à trouver une Prim’Holstein originaire de l’Oise ou une Flamande de la Somme, mais pas d’éleveurs. Ceux-ci se déplacent principalement les jours de concours. Finalement, il faut aller au pavillon « ovin » pour en trouver un. Didier Tallon est agriculteur à Bucamps dans l’Oise, et également président de la section ovine de la FDSEA de l’Oise. Il dispose d’un élevage d’ovins de 400 bêtes. Il a amené neuf moutons, des races Ile-de- France, et comptait déjà à mi-salon 13 trophées. « C’est toute une année de travail, raconte-t-il. C’est comme un sportif. C’est tout un ensemble de travail, de génétique, de temps, de l’expérience qui fait qu’aujourd’hui on arrive à avoir un mouton de concours. » Le résultat d’une tradition et d’une expérience également. Cela fait treize ans que Didier Tallon vient au salon de l’agriculture. Et dans sa famille, « ça fait quatre générations que nous participons à des concours ».