La gestion durable des eaux vives

Publié dans le numéro 3457 par

 

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L’Union veille à la bonne exécution des travaux d’entretien des cours d’eau.

L’Union veille à la bonne exécution des travaux d’entretien des cours d’eau.

Installée à Chivy-les-Etouvelles (près de Laon), l’Union des syndicats d’aménagement et de gestion des milieux aquatiques rassemble dans l’Aisne seize syndicats intercommunaux de rivières et de bassin versants, deux associations de riverains propriétaires d’un cours d’eau, une communauté de communes (Condé-en-Brie) et le conseil général.
Cette Union, que préside Yves Lévèque (bassin versant de l’Ourcq), a été créée en 1993 afin de mutualiser l’administration des syndicats intercommunaux adhérents. Plus tard, en 2004, l’Union a dû créer un service technique d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’oeuvre auprès de ses adhérents, par le biais de conventions.
Aujourd’hui, « et bien que chaque adhérent de l’Union conserve sa totale autonomie », son service technique intervient dans l’Aisne sur plus de 2 000 km de cours et sur 3 500 km² de bassins versants, sur le territoire de 410 communes, l’Aisne en comptant 816.

Campagne de bûcheronnage
L’Union emploie sept salariés. Son budget de fonctionnement de 480 000 € est abondé par ses adhérents, l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le conseil général de l’Aisne. Son service technique, que dirige Maxime Fauvel, outre la sensibilisation des maîtres d’ouvrage aux orientations nouvelles de la gestion des milieux aquatiques, aide ces derniers à élaborer, à finaliser (règlementations et appels d’offres) et à faire exécuter leurs programmes d’entretien des rivières et de protection des bassins versants.
De quels travaux s’agit-il ? « Les plus gros postes, répond Maxime Fauvel, sont les programmes pluriannuels d’entretien de la végétation des berges et des cours d’eaux. Cela fait l’objet de déclarations d’intérêt général valables cinq ans. »
Et une campagne de bûcheronnage sur les rives d’une rivière de l’Aisne peut coûter 10 € au mètre linéaire. Les adhérents de l’Union travaillent ainsi avec des entreprises spécialisées de l’Aisne, mais aussi du Nord et de Bretagne. On comprendra l’importance de tels travaux d’entretien en constatant que sur l’Oise amont, ils concernent quelque 500 km de rivière. L’Union, l’an passé, a assisté à la conception et l’exécution de 1,5 M€ d’études et de travaux.

L’hydromorphologie, c’est le retour à l’état naturel d’un cours d’eau.

L’hydromorphologie, c’est le retour à l’état naturel d’un cours d’eau.

Le principe d’hydrologie douce
Le service technique de l’Union se concentre de surcroît sur l’exécution de la directive européenne sur l’eau qui prévoit « le retour au bon état écologique des rivières d’ici à 2015 ». Et Maxime Fauvel d’expliquer « que l’énoncé de cette directive intègre la notion d’hydromorphologie : l’aspect physique naturel du cours d’eau, de ses berges, de ses méandres, de la variété de ses végétations et de la variabilité de ses écoulements d’eau ». Les techniciens de l’Union syndicale ont étendu leurs compétences aux bassins versants : protéger les biens et les habitants contre les coulées de boues, et les rivières contre leurs pollutions. Ils préconisent l’hydrologie douce qui ralentit le cheminement des eaux par des haies, des fossés, des bandes enherbées et des bassins de rétention. Dans certains cas, ils insistent sur l’aménagement d’ouvrages structurants, de la prairie inondable à la digue. Cette année, l’Union des syndicats d’aménagement et de gestion des milieux aquatiques de l’Aisne étudiera un projet d’hydromorphologie et de ralentissement des eaux sur un kilomètre de l’Oise amont (destruction d’un barrage) et un projet de rétablissement de méandres à la confluence de l’Ardon et de l’Ailette. Pareillement sur l’Ourcq. Seront étudiés, ou présentés à l’enquête publique, des aménagements contre le ruissellement et l’érosion des bassins versants du Voidon (affluent de l’Aisne), du Vilpion (affluent de la Serre) et de l’Oise amont.