Grandes surfaces de bricolage : jusqu’où ?

Publié dans le numéro 3457 par

 

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Plan extrait du diagnostic, indiquant les différents projets.

Plan extrait du diagnostic, indiquant les différents projets.

Bricoman a déposé une demande d’implantation à Mercinet- Vaux, pour une surface de 7 851 m² de vente dont 3 706 en extérieur. A côté, est prévue une petite zone d’activités pour accueillir des professionnels du bâtiment. Une cinquantaine d’emplois sont prévus. Un recours contre la décision favorable de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) a été déposé par l’un des concurrents locaux. La première décision ayant recueilli 7 voix pour et une abstention, il paraît peu probable, sauf élément nouveau, que ce recours aboutisse. D’autre part, la décision favorable du transfert de l’Intermarché de Crouy, il y a trois ans, était argumentée en partie sur le fait que le magasin quitté (il sera vide cet été) ne resterait pas en friche et qu’il accueillerait un Bricocash, porté par l’actuel propriétaire de Bricomarché.

L’environnement
Bricoman peut se comparer à Bricodépôt, que beaucoup de Soissonnais connaissent pour le fréquenter à Reims. Bricoman est une filiale du groupe Auchan/ Leroy- Merlin, Bricodépôt est une filiale de Castorama, ces deux enseignes se livrent une vive concurrence commerciale. A Reims, Castorama vient d’emménager route de Soissons ; son ancien magasin de Champfleury va être occupé par un 2e Bricodépôt. A Saint-Quentin, la commission départementale vient également d’autoriser l ‘ouverture d’un Bricodépôt de 5 550 m². Localement, les Grandes surfaces spécialisées (GSS) du secteur : Bricorama, Bricomarché, Monsieur Bricolage, sont concernées directement par cette implantation. A ce titre, la création d’emplois mise en avant mérite d’être relativisée.

Un échange
L’agglo a soutenu le projet de Mercin dans la mesure où un premier projet de parc commercial venait en concurrence directe avec celui de Vauxbuin, qui venait d’être autorisé. De ce fait, le premier projet ayant été refusé, la communauté d’agglomération a souhaité contenter cette fois les Mercinnois. L’agglo, s’appuyant sur le diagnostic commercial préalable à la révision du Schéma de cohérence territoriale (SCOT), avait prévu une implantation d’une zone d’activités liée au bâtiment à Mercin, route de Compiègne, ce d’autant qu’existent déjà à cet endroit Point P et la Soissonnaise des Bois (voir carte). Très précisément, ce diagnostic a déterminé différentes hypothèses pour étudier la zone de chalandise et les secteurs qui pouvaient accepter des mètres carrés supplémentaires. Ce diagnostic se fondait entre autre sur un développement démographique, condition non remplie actuellement, ce qui fait dire à l’un des professionnels que « non seulement le gâteau ne grandit pas, mais il diminue ! » Selon Laurent Caudron, maire-adjoint de Mercin, ce projet contribuera à lutter contre l’évasion commerciale. Le diagnostic ne prenait pas en compte, dans le calcul des surfaces, à notre connaissance, l’implantation du Bricocash à Crouy, ni, c’est plus global, l’essor continu des ventes sur Internet, et, c’est régional, l’essor de la zone rémoise. Laurent Pierrefiche, propriétaire de Bricomarché, poursuit son projet de Bricocash, dûment autorisé ; mais aboutirat- il ? A défaut, c’est bien un risque de friche commerciale auquel sera confronté la commune de Crouy, le magasin actuel appartenant non pas à un indépendant mais à la chaîne Intermarché. Le maire de Crouy ne cache pas son désappointement.