A Bohain, Nexans poursuit sa croissance

Publié dans le numéro 3456 par

 

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L’entreprise a développé une expertise et un savoir-faire sur le marché de l’éolien.

L’entreprise a développé une expertise et un savoir-faire sur le marché de l’éolien.

En Picardie, le groupe Nexans possède deux entreprises situées à Paillard (Oise) et à Bohain (Aisne). C’est sur ce dernier site que sont fabriqués des câbles en caoutchouc basse tension. « Nous sommes le seul site du groupe à les produire », précise Edouard de Chalandar, le directeur. Malgré les imposantes machines, c’est un dans étonnant silence que travaillent les 140 salariés (auxquels s’ajoutent des intérims). Ici on y fabrique du caoutchouc synthétique selon les spécificités du cahier des charges du client (anti-feu, environnement agressif…) qui isolera les câbles de cuivre. « Ces bobines de cuivre proviennent de Lens, une autre usine du groupe », indique le directeur. Le site de Bohain commercialise une large gamme de diamètre allant du câble de 1,5 m² au 800 m² et de 3 à 37 conducteurs offrant ainsi une grande souplesse au client. A chaque étape de la fabrication, les produits sont testés et contrôlés. L’usine est certifiée ISO 9000, 14001 et 18001.

L’export représente 75% de l’activité
L’usine commercialise plusieurs marques dont Titanex, créée il y a 60 ans et connue sur le marché ou bien encore Windlink pour le marché de l’éolien. Les câbles affichent fièrement le “Made in France”. Un atout non négligeable pour les marchés étrangers qui connaissent la stricte règlementation française sur les produits électriques. Les produits sont à 75% vendus à l’export et 90% à des distributeurs de matériels électriques comme Sanelec, PME axonaise. Depuis quelques années, l’entreprise fabrique des câbles pour le secteur de l’éolien. « Nous avons développé un véritable savoirfaire sur ce marché », lance Edouard de Chalandar. Le principal atout de ces câbles est leur souplesse éprouvée permettant de s’adapter à la rotation des éoliennes suivant la direction du vent et ce sur une durée de vie comprise entre 20 et 25 ans. Parmi les contrats décrochés, il y a celui du plus grand parc éolien d’Australie qui compte 45 turbines. L’usine de Bohain profite aussi des synergies du groupe. Ainsi les sites de Bohain et de Lyon produisent des câbles spéciaux primaires moyenne tension et secondaires basse tension destinés à l’éclairage des pistes dans le cadre du projet MAFI de modernisation des infrastructures de l’Armée de l’air indienne. Un contrat de 5 ME signé avec la division électronique stratégique du groupe indien Tata Power.

1,2 M€ d’investissements
L’entreprise a su s’adapter à l’évolution de ses marchés. De la fabrication de matériels agricoles au début du 20e siècle, elle s’est spécialisée dans la production de câbles de tout type dans les 1950, puis dans le câble à basse tension dans le milieu des années 1980. Aujourd’hui encore, le site de Nexans Bohain s’adapte pour faire face à l’évolution des marchés. En 2008/2009, le groupe a investi 3 ME pour l’installation d’un tube de vulcanisation pour les moyenne et grande sections. Il y a deux ans, un nouvel atelier fabricant des kits a vu le jour. « L’objectif de cet atelier est de préparer le produit pour le client selon ses besoins. C’està- dire poser des accessoires comme des coffres ou bien des prises. Notre client n’a plus qu’à connecter son câble. Cela lui permet de gagner du temps. Pour Nexans, nous offrons un service à valeur ajoutée et maîtrisons la qualité de nos produits », explique le directeur. Le groupe français vient de lancer un plan de modernisation de la chaîne de mélange pour la production du caoutchouc synthétique pour une enveloppe de 1,2 ME. Avec la stratégie menée par le groupe Nexans, le site de Bohain connaît une croissance de 10% par an depuis 2009. Ce qui a contraint, il y a deux ans, la direction à passer à une production non-stop, sept jours sur sept. « Nos produits sont réputés et nous avons des coûts adaptés aux marchés », conclut Edouard de Chalandar.