Le transport routier veut allier écologie et économie

Publié dans le numéro 3453 par

 

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Les routiers picards s’engagent pour protéger l’environnement et économiser l’énergie.

Les routiers picards s’engagent pour protéger l’environnement et économiser l’énergie.

Les activités du transport routier sont perçues auprès du grand public comme utiles pour la vie de tous les jours, mais polluantes. Pour tenter de redorer cette image et donner au transport routier celle d’entreprises éco-responsables, la FNTR (fédération nationale des transports routiers) de Picardie a décidé de signer un engagement avec l’ADEME, afin de mettre en place les mesures pour diminuer les émissions polluantes des camions.
Mais la démarche se veut avant tout pragmatique, comme le souligne Bertrand Caille, directeur d’une société de transports routiers dans le département de l’Aisne et président de la FNTR Picardie : « Le transport routier consomme 10 % de l’énergie en France, mais il est responsable de 35 % des émissions de CO2. Comme une bonne partie de la population, nous nous préoccupons de développement durable et de la préservation de la planète et de ses ressources. Cette attitude vertueuse est bénéfique pour l’image que l’on a auprès du public et surtout vis à vis de nos clients. Mais surtout, elle nous permet de réaliser des économies en énergie et en matériel. C’est du gagnant-gagnant ».

Engagement volontaire
La charte Objectif CO2 repose sur un engagement volontaire des transporteurs routiers, mais la Picardie est l’une des régions qui compte le plus grand nombre de signataires. En effet, 53 entreprises picardes se sont volontairement lancées dans une démarche de réduction des émissions de CO2. Parmi-elles, quatre entreprises importantes, qui travaillent dans le transport des voyageurs. Ainsi donc, la FNTR Picardie est naturellement associée à la FNTV (fédération nationale du transport de voyageurs) Picardie.
A l’issue d’un engagement pour une durée de trois ans, les entreprises du transport ont la possibilité de renouveler la charte et de reconduire la démarche, pour trois années supplémentaires. Deux entreprises picardes, les transports Caille et Prévoté, sont d’ores et déjà dans ce cas de figure.

Diagnostic et plan d’actions
Après s’être engagée dans la démarche, l’entreprise doit réaliser une auto-évaluation interne. Cette phase de diagnostic va déterminer un plan d’actions sur quatre axes : le véhicule, le carburant, le conducteur et l’organisation des flux. Sur chacun de ces axes, l’entreprise va fixer des objectifs à atteindre dans les trois ans. Les indicateurs de performance environnementale et de réduction des émissions de CO2 sont visés et validés par l’ADEME, qui assure un suivi annuel.
La mise en place passe par un profond changement des mentalités et de l’attitude managériale, qui va s’attacher à rechercher et adapter les solutions techniques, tout en valorisant les bonnes pratiques des conducteurs. Ces derniers sont généralement incités à suivre une formation à l’éco-conduite. L’informatique embarquée permet aux routiers de mesurer les effets en termes de consommation par rapport aux efforts consacrés. Les véhicules sont équipés de systèmes d’arrêt automatique du moteur et de pneumatiques de dernière génération, pour diminuer la consommation de gazole. Enfin, une attention particulière est portée à l’organisation des transports, les flux et l’optimisation de la charge utile, afin d’éviter autant que possible les voyages à vide ou à moitié vide.