L’automobile est une filière en pleine réussite

Publié dans le numéro 3453 par

 

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Les élèves ont la chance de travailler tout au long de l’année sur des véhicules clients.

Les élèves ont la chance de travailler tout au long de l’année sur des véhicules clients.

La situation est paradoxale. D’un côté, le milieu industriel de l’automobile est en plein marasme. Ventes en chute libre, fermetures de sites et réduction d’effectifs émaillent l’actualité. De l’autre, les formations dans la filière automobile n’ont jamais aussi bien marché. Le lycée Condorcet de Saint-Quentin en est la preuve avec ses formations en mécanique automobile qui sont pleines à craquer. Au total, l’établissement propose cinq formations en mécanique auto et moto avec soit des CAP ou des baccalauréats professionnels à la clé. « C’est porteur. Cela marche parce qu’ils connaissent. C’est grand public », souligne Bruno Quinzin, chef des travaux dans l’établissement et en charge de cette filière. Et l’intérêt des élèves est tel que les résultats aux examens affichent très souvent 100 % de réussite. Avec un taux d’employabilité très élevé.

Porte-ouverte vers l’emploi
Cela est surtout vrai pour les élèves en bac pro. Tout au long de leurs trois années d’études, ils bénéficient de vingt-deux semaines de stage. « C’est déjà une port-ouverte vers l’emploi », note-t-il. Ces stages font aussi office de complément avec la formation au sein de l’école. Les élèves peuvent y voir le fonctionnement d’un garage et donc d’une entreprise. Accueil des clients, réception des véhicules, recherche de la panne, travail sur le véhicule sont des nouveautés pour beaucoup d’entre eux qui ne s’imaginaient pas cela à leur arrivée dans la formation. « J’ai appris beaucoup de choses, sur la boîte de vitesse, le moteur », explique Alexandre, élève de 1ere. « Quand je suis arrivée, je ne connaissais presque rien », explique Julie, élève de 1ere et l’une des seules filles de cet univers très masculinisé. Pour compléter le travail en classe et en stage, les élèves ont des cours pratiques. Durant la seconde, il s’agit d’apprendre le travail de base sur un véhicule avant que les gestes ne se fassent de plus en plus techniques au fur et à mesure de la progression pédagogique. « En fonction de cela, nous essayons de prendre des véhicules clients », note Bruno Quinzin. Il s’agit de mettre les élèves dans un cadre d’entreprise. Outre le travail sur les pannes, les élèves apprennent à maîtriser la facturation. « Ici, nous essayons de les mettre dans une situation réelle », ajoute-t-il. Des véhicules prêtés par des constructeurs leur permettent de se faire la main, comme deux Toyota Yaris remises il y a peu par l’usine de Valenciennes. Mais les véhicules clients, des véhicules qui roulent, doivent bénéficier du même soin que s’ils étaient reçus dans un garage.

Plus loin que le bac
Cela oblige l’établissement à posséder du matériel, parfois de pointe, pour que les élèves soient performants ensuite dans leurs stages. « Nous avons des valises de diagnostic. Il y a beaucoup plus de technicité qu’avant », note Bruno Quinzin. Cette évolution du métier de mécanicien pousse de nombreux élèves à voir plus loin que le bac pro, même si pour cela il faut partir vers Amiens, puisqu’il n’existe qu’un seul établissement picard offrant cette chance. « Je vais essayer de faire un BTS et tenter de devenir mécano dans une écurie de course », s’est lancé comme défi Alexandre. Sa camarade voit déjà plus loin et vise les véhicules électriques avec une formation en électronique. L’établissement pense déjà à former ses professeurs dans ce domaine pour pouvoir former demain les élèves et ainsi prendre encore un nouveau virage.