La numérisation de la cathédrale suit son cours

Publié dans le numéro 3450 par

 

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La numérisation de la cathédrale prendra fin en 2025.

La numérisation de la cathédrale prendra fin en 2025.

Le programme qui consiste à créer un modèle 3D de la cathédrale d’Amiens pour faciliter l’étude du monument et le rendre accessible à tous grâce à Internet vient de terminer sa troisième campagne de numérisation. Tous les ans au mois d’octobre pendant quinze jours en collaboration avec l’Institut géographique national (IGN) et une école d’ingénieurs associée à cet institut qui forme des topographes, entre vingt et trente personnes travaillent sur la cathédrale pour la numériser. Après la partie sud du transept et la façade occidentale, la campagne de numérisation s’est concentrée en 2012 sur la partie sud-ouest, c’està- dire entre la partie sud du transept et la façade occidentale. Cette partie présente un intérêt particulier car elle n’a pas été encore restaurée, ce qui permettra une comparaison, ce qui n’existe pas sur les autres parties.

Culture pour tous
« Tout est parti d’une discussion avec le responsable du patrimoine culturel d’Amiens Métropole lors d’une visite de la cathédrale suite à une semaine de la recherche. Quelqu’un a posé la question qui revient toujours : Est-ce que la cathédrale d’Amiens est plus grande que celle de Paris ? Ce à quoi il a répondu qu’il faudrait une maquette numérique pour pouvoir répondre », explique El Mustapha Mouaddib, responsable du projet, professeur à l’université Picardie Jules- Verne et directeur du laboratoire Modélisation, information et système (MIS).
Cette année, en plus d’une nouvelle campagne de numérisation, un jeu plutôt à destination du jeune public en collaboration avec Amiens Métropole a été présenté lors des dernières Journées du patrimoine. « Ce jeu sérieux permet de travailler autour de l’architecture du portail sud. Il sera utilisable avec l’accompagnement des animateurs du service culturel d’Amiens Métropole de manière à expliquer l’architecture du portail. Il y a différents niveaux : un très simple à assembler, des versions intermédiaires et une version plus difficile, où il faut, à partir des noms très techniques, refaire le portail. Là il n’y a pas de visuel, c’est juste avec les noms. »
En attendant que le travail des scientifiques prenne fin, un rendez-vous est fixé tous les ans au grand public sous forme de restitutions lors de la Journée de la science, ou lors des Journées du patrimoine. Un partage essentiel pour El Mustapha Mouaddib : « Pour moi la recherche, sans la dénaturer, doit être au service du grand public. Nous faisons de la recherche pour faire avancer la connaissance mais aussi pour faire en sorte qu’elle soit utile à un maximum de personnes, pour moi c’est essentiel. »

Techniques de pointe
Si ce programme a entraîné d’autres recherches comme l’étude approfondie des motifs utiles pour le domaine de l’histoire de l’art et que le travail de numérisation rend possible, d’autres axes de recherche sont développés, comme la robotique, spécialité de El Mustapha Mouaddib : « A l’ origine, je travaille sur la vision par ordinateur et la robotique. On essaye en gros d’apprendre aux robots à voir le monde dans lequel ils sont. Construire, ça veut dire numériser, c’est vraiment le fonds commun. Nous travaillons sur des techniques très pointues de reconstruction précise de l’environnement. Actuellement nous sommes en train de traiter la partie coopération traitement d’image prévision et laser pour avoir quelque chose de très précis. »
Au-delà de l’intérêt global et de la pluridisciplinarité qu’entraîne ce programme de recherche, la numérisation de la cathédrale permet donc également d’utiliser des techniques de pointe. « C’est un challenge de construire ça. Pour nous ce sont des axes de recherches très pointus sur lesquels on travaille. Tout en répondant à une demande sociétale, nous continuons à faire notre métier, c’est-à-dire de faire de la recherche. C’est aussi réjouissant de voir la réaction des gens quand on leur parle de ce projet, on voit rarement quelque chose d’aussi captivant. » Les moyens sont nombreux, on utilise par exemple des scanners que l’on pose au sol ou ailleurs pour relever des points. « Cette année, le laboratoire s’est équipé de deux scanners différents qui sont complémentaires. On utilise aussi des caméras et des appareils photo qui enrichissent le modèle pour avoir la couleur ou la texture ou pour atteindre des parties que l’on ne peut pas numériser avec le scanner puisqu’il est trop lourd », commente El Mustapha Mouaddib.