Une convention pour développer l’alternance

Publié dans le numéro Somme par

 

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La MEEF Santerre Haute-Somme et la CMA entendent développer la relation entreprise en faveur de l'alternance.

La MEEF Santerre Haute-Somme et la CMA entendent développer la relation entreprise en faveur de l'alternance.

u niveau national, 423 000 jeunes ont signé un contrat en alternance en 2011, dont 67,5 % représentent des contrats d’apprentissage pour des jeunes de 16 à 25 ans. Ce projet permet de travailler à l’atteinte de l’objectif national fixé par l’Etat : doubler le nombre de contrats d’ici 2015, soit 800 000 jeunes. Le projet à Péronne est né de la volonté commune d’acteurs départementaux de développer l’alternance dans les métiers de l’artisanat mais aussi dans les autres secteurs économiques. Eric Mellier, directeur de l’emploi à la chambre des métiers, constate « -16 % de contrats par rapport à 2010, alors que sur les 7 500 entreprises que compte le département, une sur deux n’a pas de salariés, car prendre un apprenti coûte de l’argent. Le conseil régional souhaite 40 % de contrats et surtout baisser leur taux de rupture ».

Mieux repérer et préparer
L’adaptation de l’appareil de formation, l’augmentation des capacités de formation avec l’augmentation des effectifs, des investissements, de nouvelles formations à mettre en place, l’accompagnement des jeunes et de leurs familles par l’attribution d’aides pour les frais de transport, d’hébergement, de restauration et d’équipement professionnel sont autant de moyens mis en place dans ce contrat d’objectifs 2011-2015. Cette convention va aussi permettre de mettre en place une stratégie permettant de mieux repérer et préparer les jeunes les moins qualifiés à la signature d’un contrat en alternance dans les métiers de l’artisanat mais également dans tout secteur d’activité. Le jeune sera accompagné sur toutes les étapes de préparation de son projet, dont le savoir-être en entreprise. La préparation à cette forme d’emploi constitue un enjeu pédagogique fondamental qui permettra également de réduire les abandons en cours d’emploi. La Mission locale travaille à l’accompagnement des jeunes en difficulté pour les emmener sur des parcours valorisants afin de leur procurer un diplôme et un métier. L’antenne de Péronne suit 18 jeunes dont 6 ont signé un contrat d’apprentissage dans l’artisanat. La chambre de métiers s’efforce de sensibiliser les 150 entreprises du territoire de Péronne, qui sont prêtes à recevoir des jeunes et leur présenter leur activité. Le financement est européen, avec 170 000 € sur deux ans, soit 1 700 € par contrat signé donné à la chambre. A la Cité des métiers de Boves, l’apprenti peut être logé et nourri pour 100 € par semaine, abondé à 55 % par le conseil régional. Rémy Carpentier, traiteur à Péronne, ancien apprenti lui-même, a des apprentis de 17 ans et en est content car ils sont motivés. Maxime Despagne, carrossier auto à Epehy, a eu des difficultés à trouver un jeune motivé et avec le niveau nécessaire. Pour lui, l’Education nationale est en cause et il faut briser la mauvaise image du métier manuel. En conclusion, Claude Cliquet, président de la MEEF, regrette « qu’il y ait aussi peu d’élus aux réunions consacrées à l’apprentissage. L’artisanat est un tremplin pour l’apprentissage. Le jeune peut faire un parcours professionnel très intéressant et obtenir des diplômes à haut niveau. Nous avons comme objectif l’an prochain la signature de 80 contrats ». Alain Bethfort, président de la chambre, a renchéri en rappelant que « 80 % des jeunes qui ont leur CAP trouvent un emploi et un apprenti sur deux devient patron. Il y a 250 métiers représentés à la chambre, dans le bâtiment, la mécanique, l’esthétique, la coiffure, les fleurs, les métiers de l’alimentation, etc. ». Alors, l’apprentissage n’est-il pas une voie d’avenir quand notre pays manque de main-d’oeuvre dans les secteurs précités ?