Optique mobile 60 : une idée qui voit plus loin

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Marianne Jelassi, lauréate des Trophées Oise-Sud initiative, pose entre Cédric Waterloos et Jean-Claude Saint-Aubin, président de l’association.

Marianne Jelassi, lauréate des Trophées Oise-Sud initiative, pose entre Cédric Waterloos et Jean-Claude Saint-Aubin, président de l’association.

Cette jeune opticienne de 33 ans, Nogentaise pur jus, vient de réaliser un souhait professionnel qui lui tenait à coeur : ouvrir sa propre boutique d’optique. Avant cela, il lui aura fallu patienter un peu (douze ans quand même) et faire ses gammes chez les autres. En 2000, son BTS d’opticien lunetier en poche – auquel s’ajoute un diplôme permettant de pratiquer les examens de vue –, la jeune femme commence à travailler comme opticienne chez différentes enseignes avant de devenir responsable de magasin les huit dernières années. Mais cela ne lui suffit pas. « Depuis toujours, j’avais envie de posséder ma propre affaire, et puis je voulais absolument me différencier des autres », répète-elle à l’envi. Et pour se différencier des autres, elle a choisi le service d’optique à domicile. « A ma connaissance, ce type d’activité existe un peu en France mais pas vraiment dans l’Oise », affirme Marianne Jelassi qui a bien étudié la question avant de se lancer dans l’aventure. « J’ai fait une étude de marché au préalable et j’ai rencontré des cadres infirmiers hospitaliers et des directeurs de maisons de retraite. » Car Marianne Jelassi vise une clientèle qui, a priori, ne peut se déplacer qu’avec difficulté, voire pas du tout : les personnes âgées ou handicapées, qu’elles résident dans une structure spécialisée ou bien chez elles. « Les personnes que je rencontre sont très satisfaites de ce type de service. Le côté commercial disparaît quand je suis avec les gens, s’enthousiasme-telle. Ça leur apporte un peu de compagnie, d’ouverture sur le monde. » Cette jeune opticienne possède une fibre sociale plutôt poussée, voire un brin humanitaire : « Je ne compte pas trop mon temps, il m’arrive de repartir tard le soir. »

Une voiture customisée et le bouche à oreille pour se faire connaître
Mais si l’aspect pécuniaire est loin d’être sa seule motivation, il faut tout de même que l’affaire reste rentable. Elle a donc défini des plages horaires uniquement dédiées à cette part de son activité d’opticienne. « Je me suis organisée : le lundi est dédié en totalité au domicile ainsi que le jeudi après-midi. Le samedi, je ferme la boutique à 16 heures pour me permettre de garder les visites à domicile. » Pour faire aboutir son projet, Marianne Jelassi a choisi de se faire aider. Elle a tout d’abord suivi une formation avec l’antenne BGE locale qui lui a concocté un plan de financement avant de la diriger vers Oise-Sud initiative en vue de lui permettre d’obtenir un prêt d’honneur à taux zéro. En l’occurrence, deux : l’un de 6 000 euros, plus un prêt Nacre de 8 000 euros. « Sans ces aides, ça aurait été très dur. On m’a vraiment accompagnée à chaque étape », reconnaîtelle. Il lui a fallu ensuite entreprendre une rénovation complète du local, puis trouver le financement des stocks, environ 15 000 euros, et autant pour les machines. « Le gros point noir, c’était l’avance des frais que nous devons faire en tant qu’opticiens car nous sommes réglés par la Sécurité sociale et les mutuelles. Moi, je voulais prévoir le plus possible de trésorerie. » Installée depuis la mi-juillet en plein coeur du Vieux-Nogent, elle a transformé une ancienne cordonnerie en un joli magasin de 40 m². Et pour se faire mieux connaître, la jeune opticienne a customisé son véhicule avec son enseigne « Optique mobile 60 ». Avec le bouche à oreille, ce moyen se révèle une publicité bien plus efficace que les flyers distribués au tout début dans les boîtes aux lettres des alentours… Prudente, Marianne Jelassi se donne un peu de temps avant de pouvoir envisager une embauche qui lui permettrait de se consacrer plus facilement à son service à domicile. Après trois mois et demi d’activité, elle dénombre une bonne quarantaine de clients et compte bien, évidemment, ne pas en rester là.