La Picardie trie ses emballages

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Bastien Wibaux, responsable régional d’Eco-emballages Nord.

Bastien Wibaux, responsable régional d’Eco-emballages Nord.

A la suite de la diffusion du bilan du Grenelle de l’environnement et de la conférence environnementale, Bastien Wibaux, responsable régional d’Eco-emballages Nord, fait le bilan du tri et recyclage des emballages ménagers en Picardie. En 2011, le tri et le recyclage des emballages ménagers en France ont augmenté de trois points. Cette progression intervient après une période de stagnation. Le nouvel agrément d’Ecoemballages, pour la période 2011-2016, a renforcé la capacité d’agir de chacun des acteurs. Les collectivités se sont engagées dans une logique de résultat et ont vu leur rémunération croître de 109 millions d’euros, soit 519 millions d’euros au total en 2011. Les entreprises, malgré une période de crise, ont augmenté de 6 % leurs contributions, soit un total de 568 millions d’euros. Les matières recyclées ont continué de gagner de la valeur et représentent en 2011 un marché de 238 millions d’euros. « En Picardie, les chiffres de 2011 indiquent des performances de tri stables ou en hausse, tous matériaux confondus. Par exemple, la collecte du papier et du carton représente 9,5 kg par habitant contre 8,44 kg en 2010. La collecte du verre est de 35,4 kg par habitant contre 36 kg en 2012 », détaille Bastien Wibaux pour Eco-emballages qui assure le pilotage du dispositif national de tri et de recyclage des emballages ménagers. Entreprise privée, agréée par l’Etat, Eco-emballages a une mission qui s’inscrit dans une démarche d’intérêt général au bénéfice du consommateur citoyen. En Picardie, 58 collectivités sont engagées dans une logique de résultat avec le nouveau contrat CAP (Contrat pour l’action et la performance) proposé par Eco-emballages. Un contrat dans lequel le barème E fixe la rémunération de ces dernières en fonction des résultats de recyclage : chaque tonne triée et recyclée est payée ; 14 millions d’euros ont été versés à ces collectivités.

Du côté des entreprises
Les entreprises ont augmenté leurs contributions de 36 % depuis 2009, malgré le contexte de crise économique. Elles ont financé le dispositif de tri et de recyclage à hauteur de 568 millions d’euros en 2011 via leurs contributions. Ceci a permis un taux de couverture des coûts de 70 %. Les matières recyclées continuent de gagner de la valeur. « Aujourd’hui, le contexte économique rend les matières premières moins disponibles et plus chères. Cela conduit à une croissance du marché de la matière recyclée. Les débouchés des matériaux recyclés sont plus diversifiés et la matière recyclée est désormais totalement intégrée dans le dispositif industriel », reprend le responsable régional. A titre d’exemple, l’acier et l’aluminium issus du recyclage sont largement plébiscités dans l’industrie, les transports ou le BTP. Le verre sous sa forme recyclée est la principale matière première pour la production des emballages en verre (constitués de 65 % de calcin en moyenne). Le papier-carton retourne intégralement à la fabrication de papier-carton (cartons ondulés, emballages carton). Les bouteilles plastique permettent la fabrication de fibres ou le retour à une bouteille apte au contact alimentaire. Elles trouvent également des débouchés dans le secteur du BTP. Ces cinq matériaux représentent ainsi un marché de 238 millions d’euros (contre 158 millions en 2010).

Le consommateur trie plus et mieux
Au centre du dispositif, le consommateur et son geste de tri jouent un rôle majeur. Aujourd’hui, 87 % des Français adhèrent au geste de tri. Ils sont 93 % à le placer comme le premier geste environnemental. Au final, le recyclage permet de réduire les impacts environnementaux ; 3 millions de tonnes d’emballages recyclées en 2011 équivalent à 2,03 millions de tonnes de CO2 évitées, soit l’équivalent des émissions de plus d’un million de voitures circulant pendant un an. Le recyclage participe aussi au développement économique des territoires et crée de la valeur sociétale : 257 centres de tri, 200 recycleurs et négociants ou encore 28 000 emplois directs créés sur la collecte et le tri.