Conteuse de vies

Publié dans le numéro Somme par

 

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La biographe Marie Joubert et son associé, Sébastien Guaquière, directeur artistique.

La biographe Marie Joubert et son associé, Sébastien Guaquière, directeur artistique.

La première vie professionnelle de l’amiénoise Marie Joubert débute en 1997 en tant que journaliste pour différents organes de presse écrite. « Je voulais exercer cette profession depuis toute petite. Une école préparatoire littéraire plus tard et me voici toucher du doigt un métier fascinant. Puis, lorsque le journal pour lequel je travaillais a fermé, j’ai pris du temps pour lancer le projet qui me tenais à coeur aussi depuis assez longtemps », raconte Marie Joubert, trop souvent frustrée de n’avoir que peu de place dans ses articles. La jeune maman de deux enfants participe alors en 2010 à une formation avec l’organisme amiénois Audace. Puis, elle décide d’intégrer la coopérative d’activités et d’emploi Grandsensemble d’Amiens. Là, Marie Joubert a pu développer son projet pendant deux ans et demi et rencontrer son associé Sébastien Guaquière, directeur artistique de l’entreprise. « Nous avons aussi été aidés par J’entreprends en Somme notamment pour monter le business plan. J’ai bénéficié d’un prêt d’honneur de 3 000 euros. Et Somme Initiative m’a aussi proposée pour le Printemps des Générations où j’ai obtenu 1 500 euros pour l’acquisition d’un ordinateur et d’un écran », se réjouit la créatrice de MJ Biographe installée depuis juillet dans un bureau de la pépinière Jules- Verne. Peint sur le mur, un arbre de vie sur lequel sont accrochés les derniers ouvrages réalisés. Car la biographe n’arrête plus de conter les vies de particuliers mais aussi d’entreprises picardes.

« Je suis comme un miroir »
« Les gens m’ont toujours raconté leur vie. Au travers de ces biographies, j’ai enfin de la place. J’aime les écouter et transmettre leurs souvenirs sur le papier. Ce qui restera aux générations futures. Je suis comme un miroir », poursuit Marie Joubert adepte de l’édition numérique qui lui permet d’éditer des petites séries, de 50 à 2 000 exemplaires au format A5 paysage.
Sa méthode de travail ressemble à celle d’un journaliste ou d’un détective qui recueille un témoignage. Puriste, avec son cahier et son stylo, elle note scrupuleusement les phrases. « Ce n’est ni un rapport historique, ni un reportage. Le récit retranscrit se doit d’être proche de la réalité des souvenirs. Heureusement aussi que j’ai une très bonne mémoire auditive », confie la biographe qui voit son client en moyenne trois fois quelques heures pour recueillir la matière et définir une ambiance pour l’ouvrage avant de passer à l’écriture. Résultat : ce sont des sagas d’entreprises, des lettres ouvertes aux enfants, des tranches de vie, parfois des règlements de compte. C’est ainsi aussi que la biographe se lie souvent d’affection pour ces particuliers ou dirigeants d’entreprise qui se livrent sans retenue mis à l’aise par cette conteuse de vie hors pair.