Chefs d’entreprises : et si vous changiez votre façon de diriger ?

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Michel Adam donne des conférences sur l’économie sociale et solidaire partout en France pour que ce système soit de plus en plus utilisé.

Michel Adam donne des conférences sur l’économie sociale et solidaire partout en France pour que ce système soit de plus en plus utilisé.

Coopérer » et « mutualiser ». Durant son colloque, Michel Adam, conférencier, universitaire qui a créé plusieurs sociétés en économie sociale et solidaire, a insisté sur ces deux notions, centrales pour l’économie sociale et solidaire. « Les mots ont du sens : mutualiser c’est mettre en commun et coopérer c’est faire ensemble et il existe plusieurs formes à cela », explique Michel Adam. Cette manière d’appréhender l’entreprise a ses atouts mais également ses limites. « Dans une entreprise, si le moi est trop mis en avant, il y a une instrumentalisation des autres, si c’est le nous qui domine on peut empêcher l’entrepreneuriat et si ce sont eux, il y a un risque d’assistanat, raconte le conférencier. Il faut un juste milieu avec la rencontre du moi, du nous et d’eux ». Pour cela, quelques idées importantes fondent, pour lui, l’ESS.

Travailler ensemble de façon égale
Alors que c’est le capitalisme qui domine dans la plupart des entreprises avec les notions de « profit » et « bénéfice », l’ESS pratique une économie partagée telle que les systèmes associatifs ou les mutuelles. Michel Adam a mis en avant une idée centrale, celle de la coopération au sens large. Pour lui, coopérer c’est « créer une entreprise pour nous, à l’inverse d’une entreprise privée telles que les Sarl ou les professions libérales ». Même si cette idée existe depuis les années 1970, ce n’est pas le choix immédiat pour un chef d’entreprise qui voit d’abord son intérêt en premier, souvent parce que créer un entreprise est le projet d’une vie et un projet financier.
Mais coopérer, c’est aussi coopérer dans l’entreprise. Par là, la culture d’entreprise est mise en avant car elle est importante pour chacun d’entre nous. Coopérer serait donc aussi une façon de s’intégrer et de se reconnaître dans le projet de l’entreprise avec le fameux « sentiment d’appartenance ».

Enjeux et atout de l’ESS
Cette idée peut se traduire dans tous les types de structures et peut même s’accompagner du concept de « pluralité ». « Il faut qu’il y ait une pluralité au sens où, par exemple, l’importance de l’employeur ne dépasse pas que celle du travailleur ou dans une ville, celle des élus ne dépasse pas que celles des associations ou autres structures, etc. », convainc le conférencier. Ainsi, Michel Adam établit un schéma qui relie trois pôle : le moi, le nous et eux. Le moi et le nous, qui sont en général bien distincts, se rassemblent pour travailler ensemble mais surtout de façon égale au vue d’un intérêt commun : eux. « Toutes les unions sont possibles », affirme-t-il.
Pour l’universitaire, l’économie sociale et solidaire est la meilleure façon d’entreprendre. Toujours selon lui, elle possède de nombreux atouts, non négligeables, mais peut-être difficile à faire comprendre à tout le monde. « La force de l’ESS est le bénévolat mais surtout le lien social qu’elle génère. Mais l’ESS c’est aussi un gage de stabilité avec des entreprises non délocalisables ainsi qu’une forte créativité avec la création de nouvelles formes de structures et de nouveaux groupements. Le plus important, c’est qu’on s’y sente bien », détaille Michel Adam. Mais bien au-delà d’un entrepreneuriat différent, l’ESS possède de réels enjeux pour la société. « Ce système est le pionnier d’un développement durable orienté vers l’emploi. Il faut développer les coopérations internes et coopérer avec les autres pour créer des formes économiques sur son territoire », continue-t-il. Mais, pour l’heure, tout l’enjeu pour l’ESS et les nombreux acteurs est de se faire connaître.