Opération séduction pour l’Unicem

Publié dans le numéro 3434 par

 

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Michel Hirsch, président de l’Unicem.

Michel Hirsch, président de l’Unicem.

L’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) vient d’organiser une grande journée d’information à destination des maires et élus de Picardie. Elle s’est déroulée dans le cadre unique et symbolique de la Maladrerie de Beauvais, dont une partie des bâtiments date du XIIIème siècle. L’Unicem est la fédération qui regroupe la quasi-totalité des industries extractives de minéraux ainsi que les fabricants de divers matériaux de construction (béton, mortier, plâtre…). La plupart de ces activités alimentent le secteur du BTP.

Divers usages
Développer et entretenir les infrastructures routières de Picardie, construire écoles, bâtiments administratifs, hôpitaux, maisons et immeubles d’habitation… : les carrières répondent aux besoins de la collectivité en région et doivent assurer son autonomie pour satisfaire aux besoins d’une population de 1,9 million d’habitants. La contribution économique de l’industrie de carrières et matériaux de construction de Picardie relève aussi de l’emploi avec plus de 2 000 emplois directs dans les carrières et 8 000 induits dans d’autres entreprises locales (préfabrication de produits en béton, matériaux de construction, transport…).

Menacée
La consommation de granulats est de 10,78 millions de tonnes, soit 5,7 millions de tonnes par habitant. La production de granulats est de 7,917 millions de tonnes. Le chiffre d’affaires de l’industrie est de 532 millions d’euros. Enfin, le secteur regroupe 104 entreprises. Pourtant, cette économie est menacée. « La production des carrières de l’Oise s’est effondrée depuis 1993, indique Michel Hirsch, président de l’Unicem Picardie. Elle est passée de près de 5 millions de tonnes à 2,2 millions. Les besoins du département, de près de 4 millions de tonnes, ne sont satisfaits que grâce à 2,4 millions de tonnes provenant d’autres régions. L’aménagement de ce département est donc dépendant à 60 % des régions limitrophes. En quinze ans, de nombreuses carrières ont fermé. Savezvous que le coût du transport représente à lui seul 50 à 100 % du prix des matériaux ? Si à l’horizon 2017 aucune nouvelle autorisation ne devait être donnée sur l’Oise, le taux de dépendance de ce département passerait à 84 %. » Reste qu’ouvrir une carrière est un parcours du combattant. Il faut en effet compter une dizaine d’années entre le moment où le carrier envisage de démarrer une exploitation et l’autorisation préfectorale d’ouverture. Denis Deslandes est maire de Therdonne, près de Beauvais. Il envisage de réviser son plan local d’urbanisme pour faire exploiter des carrières et en prélever des agrégats. « C’est un sujet sensible, reconnaît-il. Il va nous falloir faire beaucoup de pédagogie auprès des riverains qui craignent des nuisances avec le passage des camions. Les carrières pourront nous apporter des revenus non négligeables. Les agrégats, nous en avons besoin pour aménager des routes, ériger des bâtiments… » Certes, certains estiment que les carrières abîment le paysage, mais les exemples sont nombreux pour affirmer qu’au contraire elles favorisent la biodiversité et abritent une faune et une flore riches et précieuses. Lors de son intervention, Caroline Cayeux, la sénatrice-maire de Beauvais, a d’ailleurs rappelé que le plan d’eau du Canada, aujourd’hui si prisé par les familles, était autrefois une carrière.