Manuel Valls a pris au bond la balle des pompiers

Publié dans le numéro 3432 par

 

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Manuel Valls et Eric Faure, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France

Manuel Valls et Eric Faure, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France

Le 119e Congrès national des sapeurs-pompiers s’est achevé samedi 29 septembre à Amiens. Ce fut une édition « magistrale », saluée par le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Eric Faure. Il a d’ailleurs rendu hommage aux plus de 2 000 bénévoles qui ont participé à l’organisation et au bon déroulement de cet événement de grande envergure.
Pour clore l’événement, Manuel Valls, ministre de l’intérieur, était présent le samedi matin lors de l’assemblée générale de la fédération pour rappeler la place centrale qu’occupent les sapeurs-pompiers dans la société. Après avoir fait un tour rapide des partenaires et représentants de la « planète » pompiers présents sur Mégacité, il a prononcé un discours apprécié du parterre d’officiers présents dans la salle du Zénith. Applaudi à plusieurs reprises, Manuel Valls a su trouver les mots justes qui ont fait mouche chez des professionnels en plein doute. « J’attendais avec impatience ce congrès car je voulais vous rencontrer, a t-il déclaré. Je voulais en effet fixer avec vous le plan de vol de la sécurité civile, comme je l’ai fait le 19 septembre dernier avec les policiers et les gendarmes. J’aurais ainsi présenté, à une semaine d’intervalle, les feuilles de route des trois forces de ce ministère. »

« Véritable réflexion »
Au sujet des interrogations présentées par le président Eric Faure sur les conditions d’interventions sur le terrain et la place du sapeur-pompier dans le dispositif de secours à personne, le ministre s’est montré rassurant. « J’ai entendu vos interrogations. J’ai bien saisi vos craintes. Les élus, autorités de tutelle des services départementaux d’incendie et de secours m’ont également alerté. Je veux y répondre car il s’agit de sujets graves et sérieux. Vous êtes en première ligne, vous occupez une place centrale dans la société et c’est une lourde responsabilité. Vous êtes de manière générale au coeur de la sécurité civile et de la gestion de la crise. (…) Dans ce domaine, des progrès ont été accomplis. Préservonsles. Le référentiel de 2009 portant sur l’organisation du secours à personne et de l’aide médicale urgente est une base fondamentale. Il s’agira probablement de le faire évoluer, mais, dans tous les cas, je ne laisserai personne faire table rase du passé. Les crispations, les conflits, voire les corporatismes, ne peuvent avoir pour conséquence la dégradation de la réponse apportée au citoyen. Il faut valoriser les initiatives remarquables sur le territoire avec, par exemple, les centres d’appel communs entre le Samu et le SDIS, comme celui de Perpignan que j’ai visité.
Le sujet du secours à personne est un enjeu crucial pour l’avenir de notre pays, pour l’avenir de nos services publics. C’est un enjeu de coût, et les élus comme les contribuables y sont très sensibles. On ne peut pas tolérer que deux services d’urgence se « fassent concurrence » et ne se coordonnent pas au détriment des règles élémentaires de bonne gestion. Je souhaite donc qu’une véritable réflexion s’engage entre l’Etat et les élus sur l’assistance à la population. Je souhaite que nous puissions, dans le cadre de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours, mener une étude sur les missions des SDIS. Je vous ai entendu, Président Faure, sur la sollicitation multiple des services d’incendie et de secours.
Les élus doivent conduire cette réflexion avec l’ensemble des partenaires afin d’affiner et de proposer des solutions en la matière. Avec Marisol Touraine, ministre de la santé, nous allons prendre des initiatives pour remettre pour remettre le chantier sur l’ouvrage et aborder les sujets qui fâchent sur le terrain. Oui, je veux aborder les vrais sujets et procéder aux remises à plat qui s’imposent !
», a promis le ministre, en revendiquant sa place de premier sapeur-pompier de France.