La restauration de gravure cadre avec sa passion

Publié dans le numéro 3433 par

 

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Le travail de restauration d’une gravure impose à Catherine Demarquet un travail réversible.

Le travail de restauration d’une gravure impose à Catherine Demarquet un travail réversible.

Elle est installée à l’intérieur depuis à peine un mois. Elle n’a pas encore eu le temps de terminer les travaux, mais elle exploite déjà l’espace entier de son atelier. Dans cette ancienne étable dans laquelle apparaît encore l’auge destinée à nourrir les chevaux, Catherine Demarquet travaille sur les gravures, photos et encadrements que des clients lui ont confiés. Restauratrice et encadreuse, tels sont les deux métiers que cette ancienne collaboratrice d’un cabinet d’architecte a choisi de réunir dans son auto-entreprise Art d’Oise à Baboeuf.

Deux années d’études
Cette réalisation est le résultat d’une passion de jeunesse pour la collection de vieux documents ou vieilles photos. Cette renaissance a eu lieu à partir de 2007. Elle délaisse son travail pour se consacrer à son troisième enfant. Au bout de son congé maternité, Catherine Demarquet entreprend une formation de créateur d’entreprise de quatre mois à l’Afpa. « Tout s’est enchaîné », poursuitelle. Pour réussir à s’installer, elle choisit d’avoir un diplôme. Un diplôme décerné au bout de deux ans d’études. Elle prend donc le chemin d’une école parisienne spécialisée dans l’encadrement d’art et la restauration. Cela lui permet de faire la connaissance d’un encadreur sur Orléans. Cette double compétence dans la restauration et l’encadrement lui assure de bien comprendre chacun des deux métiers et d’avoir du recul dans l’un ou l’autre de ses talents. « Cela apporte des petites techniques en plus », souligne-t-elle. Alors qu’elle n’a pas encore son diplôme en poche, elle se lance en tant qu’artiste indépendante et acquiert des machines pour retailler ses cadres. L’investissement lui coûtera 1 200 € pour pouvoir être sûre de faire son travail correctement.

Des salons d’artisans prépondérants
Art d’Oise germe en décembre 2010. Catherine Demarquet commence à avoir des clients issus des différents salons d’artisans, comme ceux de Gouvieux ou Noyon, dans lesquels elle se rend. Ces rendez-vous ont une place prépondérante dans sa profession. « J’y rencontre des collectionneurs ou des particuliers. Ils me confient une gravure à restaurer ou une photo à encadrer et je leur ramène le travail accompli », précise-t-elle. Chaque fois, l’expérience est différente puisque tout dépend de l’état de ce qu’on lui amène ou de la qualité de l’encadrement qu’on lui demande. Si les premiers prix se situent aux alentours de 100 €, un encadrement d’une photo de famille peut coûter environ 150 €. Dans les modèles qu’elle expose en ce moment à l’office de tourisme de Noyon se trouve une gravure de la ville du XVIIIe siècle. Un travail qui coûte environ 470 €. « J’arrive aussi à faire en sorte que cela rentre dans le budget du client », ajoute-t-elle.
Il lui faut toutefois mener à bien la petite barque dans laquelle elle rame. Impossible pour l’instant de vivre de sa passion et de son métier. « J’arrive à dégager un chiffre d’affaires qui me permet de réinvestir et de payer mes salons, d’acheter mon matériel et de faire tourner l’entreprise », note-t-elle. Elle doit passer un cap et aller chercher du travail au-delà du secteur picard. « Je vais aller en région parisienne et je vais sur un salon à Lens en novembre. J’ai besoin de m’éloigner pour me faire connaître », continue-telle. En outre, elle doit faire comprendre à sa clientèle tout l’intérêt de son travail, qui consiste bien souvent à donner une deuxième vie à des objets patrimoniaux dégradés par les outrages du temps.