H2air, installateur éolien enthousiaste et créatif

Publié dans le numéro 3433 par

 

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

 

H2air est la seule société picarde dans le monde de l’éolien.

H2air est la seule société picarde dans le monde de l’éolien.

Initiée par Roy Mahfouz, un ingénieur venu de la construction navale, l’aventure H2air a commencé avec cinq personnes. Au fil des ans, l’entreprise s’est enrichie de diverses compétences (développement, financement, industrialisation, production…) et compte aujourd’hui quatorze personnes à Amiens (le siège social), deux à Nancy et quatre à Berlin.
Une méthode de travail payante. « Nous avons beaucoup travaillé les deux premières années pour déposer des permis de construire en 2009. Deux ans plus tard, nous avons obtenu près de 150 MW d’éolien autorisé, ce qui est très rapide. En général, il faut sept à huit ans pour obtenir le même volume », confirme Loïc Espagnet, directeur du développement. Dans les bureaux de la rue de Noyon, l’ambiance est à l’image des salariés (29 ans de moyenne d’âge) : jeune et dynamique. « Nous cultivons au maximum une forme d’enthousiasme dans notre travail au quotidien, le mode de management chez H2air est resté celui d’une start up, nous faisons en sorte que personne ne soit jamais seul. »

Objectif 2020
Si l’entreprise travaille sur la moitié nord de la France, ses parcs éoliens sont répartis entre la Champagne-Ardenne et la Picardie. La région picarde a d’ailleurs pour objectif d’installer 2 800 MW d’ici 2020, (consommation d’un peu moins d’un million de foyers, chauffage compris), ce qui semble, malgré l’enthousiasme des acteurs, assez utopique puisqu’aujourd’hui, seulement 1 000 MW sont installés. L’éolien, symbole de la troisième génération énergétique, représente actuellement 9 % de la production électrique en France.
Pour entreprendre et réaliser ce type de projet, une bonne entente avec tous les intervenants (institutions et locaux) est indispensable. « Une installation réussie c’est une bonne entente avec les communes, mais aussi avec les habitants des villages alentour qui vont vivre avec tous les jours ! Nous cultivons également de très bonnes relations avec les gens qui instruisent les dossiers. Nous échangeons beaucoup. C’est comme ça que l’on arrive à dénouer des situations très compliquées, avec professionnalisme et enthousiasme. »

Une règlementation contraignante
Les difficultés surgissent d’ailleurs davantage de la réglementation. « La durée de vie d’une réglementation pour installer des éoliennes est en moyenne de deux ans, quand le cycle industriel est de sept à huit ans. Nous développons donc un parc éolien sous une réglementation qui peut changer deux ans plus tard et anéantir le projet. Notre métier réside vraiment sur de l’appréciation de risque, en anticipant au maximum les mouvements de réglementation. »
Autre source de difficulté, les décisions prises lors du Grenelle de l’environnement qui, d’après Loïc Espagnet, ont fait plus de mal à la filière que la crise. « La loi Grenelle, qui est une loi de promotion des énergies renouvelables, a pourtant donné des choses nuisibles. La règle des cinq mâts (un parc éolien doit être composé au minimum de cinq éoliennes, ce qui entraîne un véritable casse-tête lorsqu’il s’agit d’une extension de parc de deux ou trois éoliennes) et surtout le classement en ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement, qui peut représenter des dangers ou des inconvénients pour les riverains) au même titre qu’une entreprise polluante, avec une réglementation très lourde à mettre en place. »
Malgré toutes ces contraintes, H2air n’a jamais failli, pour la plus grande fierté du directeur du développement : « Dans le cadre de l’ICPE, nous devons faire la démonstration que l’on a suffisamment de ressources, de connaissances et de savoir-faire pour installer et exploiter en toute sécurité les parcs éoliens. C’est un très grand succès pour H2air, petite PME de Picardie qui démontre que l’on dispose nous aussi de tout ce savoir et qu’il n’y a pas que les grands groupes qui sont capables de construire et d’exploiter des centrales éoliennes ! »