Clap d’ouverture du Mois de la création reprise d’entreprise

Publié dans le numéro 3432 par

 

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Au côté de Bernard Capron, président de Somme initiative, étaient assis Christian Manable, président du conseil général de la Somme, et Jean-François Vasseur, vice-président d’Amiens-Métropole chargé du développement économique.

Au côté de Bernard Capron, président de Somme initiative, étaient assis Christian Manable, président du conseil général de la Somme, et Jean-François Vasseur, vice-président d’Amiens-Métropole chargé du développement économique.

Ce premier rendez-vous du Mois de la création reprise d’entreprises a permis de faire un point concret sur la dynamique des entreprises dans le département. En avant-propos, Jean-Louis Reboul a été chargé de dresser un panorama statistique pour aborder ce Mois de la création de façon efficace. « Les chiffres présentés concernent les créations pures, quels que soient les statuts, des redémarrages d’activité après plus d’un an de pose et des reprises d’entreprise avec une rupture au niveau des statuts. »
En France, on compte 600 000 créations d’entreprises par an, dont 11 000 en Picardie. Ce chiffre place la Picardie au 5e rang en matière de créations en 2011, en dépit d’une légère baisse des immatriculations au regard de l’explosion qui avait eu lieu en 2009 et 2010. Depuis 2009, plus de la moitié des entreprises créées le sont sous le statut d’auto-entrepreneur mais le nombre de sociétés continue à augmenter dans la Somme.

Pérénnité
« Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que derrière ces chiffres, ce sont des volontés humaines et des projets de vie, rappelle Claudine Jacob-Ternisien, directrice de Somme initiative. Nous retrouvons d’ailleurs ces proportions dans le nombre de gens reçus dans nos locaux. » Somme initiative, en effet, qui fait partie du réseau J’entreprends en Somme, reçoit les porteurs de projet en « première démarche », un rendezvous qui permet d’étudier la faisabilité en amont de la création. Les projets accompagnés s’inscrivent, de façon générale, davantage dans la pérennité que les autres : 66 % des jeunes entreprises durent dans le temps ; elles sont 95 % lorsqu’elles sont accompagnées.
« Bien sûr, même si devant les statistiques ce n’est pas flagrant, ce qui m’inquiète c’est la faiblesse du nombre de créations d’entreprises face au potentiel qu’offre Amiens et sa région. Et puis toujours la durée de ces entreprises », alerte Jean-François Vasseur. Répondant à la question « estce qu’Amiens Métropole pourrait conforter ces créations ou agir pour les accompagner ? » l’élu répond : « Ce n’est pas à Amiens Métropole de s’occuper de la création d’entreprise. Un certain nombre d’acteurs existent déjà. Quant à l’attribution d’une subvention d’aide de la part des collectivités territoriales, elle n’a pas montré un intérêt évident. Il faudrait encadrer davantage le contrôle après. Et puis, si les entreprises n’atteignent pas les objectifs qu’elles se sont fixés lors de la demande de subvention, on fait quoi ? On leur demande de rembourser ? Non ! Là où Amiens Métropole peut agir le plus efficacement c’est en pensant l’aménagement de son territoire et sa stratégie immobilière comme nous le faisons déjà actuellement. »

« Economie solidaire »
Partageant cette opinion, Christian Manable précise : « Le contexte a complètement changé et les contraintes budgétaires aussi. Tirons les leçons du passé. Nous avons dépensé beaucoup d’argent public dans des opérations de sauvegarde et le solde du chômage est toujours croissant. L’économie sociale et solidaire constitue une réponse plus en adéquation avec la situation actuelle. Le conseil général prend en considération cette dimension depuis deux ans déjà. C’est une philosophie nouvelle. L’ESS totalise déjà 19 000 salariés, soit le double de l’activité tourisme dans la Somme. En 2011, un programme d’action de 150 000 euros a été adopté pour soutenir à la fois les établissements et les initiatives individuelles. »
Et Bernard Capron, président de Somme initiative, de conclure : « Pour ma part, je pense qu’à chaque fois qu’un chômeur crée son entreprise c’est de l’économie solidaire car il sort de l’assistanat, c’est du social. Et je parle là en tant que vice-président de la CGPME. L’avenir ce sont les TPE. »