AGCO-Massey Ferguson à Beauvais : 20 millions de dollars sur la table

Publié dans le numéro 3432 par

 

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Les 15,5 millions d’euros de Beauvais 2 s’ajoutent aux 200 millions déjà investis à Beauvais par Massey Ferguson au cours des cinq dernières années.

Les 15,5 millions d’euros de Beauvais 2 s’ajoutent aux 200 millions déjà investis à Beauvais par Massey Ferguson au cours des cinq dernières années.

Un terrain de plus de quatre hectares situé sur la commune d’Allonne, et sur lequel est déjà édifié un bâtiment tout neuf de 4 700 m², vient d’être acheté par le groupe AGCO. D’ici septembre 2013, l’entreprise y construira plus de 5 300 m² supplémentaires. Baptisé Beauvais 2, ce projet répond à un double objectif : désengorger l’atelier actuel en déplaçant la chaîne de montage des cabines de tracteurs, et créer le centre international de formation commerciale. « C’est le plus grand projet d’investissement industriel sur le site depuis 1986 », souligne Richard Markwell, Pdg d’AGCO SA et directeur général de Massey Ferguson pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Améliorer la compétitivité…
« Nous avons la chance d’évoluer dans un secteur qui se porte bien : l’agriculture et les machines agricoles. C’est néanmoins un environnement très concurrentiel et nous n’avons de cesse d’améliorer notre compétitivité, sur la conception de nos produits, la qualité et la productivité », poursuit Richard Markwell. Mais le site historique de 25 hectares de Beauvais, enclavé entre la ligne SNCF, la station d’épuration et deux axes routiers, ne présente aucune possibilité d’extension. « Aujourd’hui, 51 % des inventaires doivent être stockés à l’extérieur de l’usine, dont des composants majeurs. Nous avons été obligés de monter la chaîne cabines au milieu de l’atelier, ce qui perturbe les flux de production. En déplaçant cette chaîne sur Beauvais 2, nous récupérerons de l’espace de stockage, optimiserons les flux, améliorerons les conditions de travail et gagnerons ainsi en productivité », précise le directeur manufacturing Boussad Bouaouli.

… et la performance commerciale
Ainsi, 70 % de la surface finale du bâtiment seront dédiés à la production et la logistique. Le reste sera affecté à un centre international de formation commerciale. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas de lieu fixe pour former nos commerciaux, nous nous déplaçons pour chaque session », explique le vice-président ventes et marketing, Thierry Lhotte, reconnaissant « un manque de synergie, de points d’ancrage, et l’impossibilité d’investir dans des outils de formation performants ». Demain, dans les locaux existants à Beauvais 2 (construits par une entreprise qui a très vite déposé le bilan), et parfaitement adaptés à leur nouvelle destination, toutes les équipes commerciales d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient convergeront pour améliorer le niveau de leurs prestations. Avec à la clé « une progression des parts de marché, du chiffre d’affaires et des commandes pour l’usine de Beauvais » selon Thierry Lhotte.

Une belle unanimité
Ce projet a rencontré un accueil plus que favorable auprès du personnel, comme a pu le constater le directeur des ressources humaines, Eric Odièvre, après avoir consulté le CHSCT et le CE et présenté Beauvais 2 aux 1 200 salariés du site. « On ne parle pas de délocalisation puisque nous sommes à cinq minutes de chez nous. Les conditions de travail seront améliorées, les services offerts seront les mêmes,notamment le transport des salariés à près de 60 kilomètres à la ronde…», énumèret- il. Sans oublier les créations d’emplois qui en découlent, avec 80 recrutements déjà effectués par anticipation au cours des derniers mois et une trentaine prévus à court terme.

Les collectivités territoriales et l’Etat ont activement accompagné AGCO-Massey Ferguson dans le projet Beauvais 2.

Les collectivités territoriales et l’Etat ont activement accompagné AGCO-Massey Ferguson dans le projet Beauvais 2.

Un projet plébiscité en interne donc, mais aussi par les partenaires : communauté d’agglomération du Beauvaisis, préfecture de l’Oise, conseil général de l’Oise et conseil régional de Picardie, tous se sont mobilisés pour le faire approuver par le conseil d’administration du groupe AGCO. « Ce sont en même temps la reconnaissance du savoir-faire et de l’adaptabilité des équipes, d’une part, et la forte solidarité des institutions locales, d’autre part, qui ont convaincu notre maison mère d’opter pour cette solution parmi d’autres possibles » affirme Richard Markwell. Tous peuvent s’en féliciter.