150 ans de sucre à Bucy

Publié dans le numéro 3432 par

 

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L’usine de Bucy-le-Long.

L’usine de Bucy-le-Long.

Une manifestation a rassemblé les salariés, leurs familles et les retraités de la sucrerie de Bucy-le-Long. Un moment de retrouvailles et de souvenirs, émaillé d’animations diverses, d’anecdotes, autour d’une exposition particulièrement fournie à l’occasion du 150e anniversaire. Il y avait même une salle décernée au cinéma, rappelant que deux films avaient été tournés ici et qu’une certaine Aurore Clément, actrice, avait commencé sa vie professionnelle à l’ancien siège.

Une litanie d’innovations
En 1862 est créée la société Cuingnier pour construire une distillerie sur 3 ha, au bord de l’Aisne.
Louis Beauchamps arrive ensuite en 1879, à la distillerie de Vauxrot en qualité d’associé. L’année 1891 voir la liquidation de l’usine de Bucy : il la rachète et relie les deux usines à la gare de Crouy par une voie ferrée. En 1901, son fils Louis-Edouard lui succède et ajoute une fabrique d’engrais humiques à base de vinasse. L’entreprise est dénommée Distilleries raffineries Louis Beauchamps et Fils, Waeles et Cie.
En 1921, seule l’usine de Bucy est reconstruite. Louis-Edouard Beauchamps convainc d’autres sucriers dont les usines ont aussi été détruites (Milempart, Pommiers, Berny-Rivière, Ciry-Salsogne) de se regrouper au sein des Sucreries et Distilleries du Soissonnais (SDS). Noyant, reconstruite en 1922, les rejoindra plus tard.
Les betteraves sont collectées sur les plateaux nord et sud grâce à 400 wagonnets circulant sur 150 km de voies ferrées de 0,60 m, puis acheminées jusqu’à Acy et Crouy, en bord de plateau, où des transbordeurs emmènent les précieuses racines jusqu’à Bucy. Un système qui fonctionnera jusqu’en 1949/ 1950.
La cité ouvrière des Prés-Jambons est édifiée en 1920/ 1921 ; les maisons de la maîtrise face à l’usine, deux ans après. Un puits artésien de 630 mètres de profondeur est foré en 1924, deux bassins de décantation sont créés en 1935.

Pendant la Seconde Guerre
Durant l’Occupation, une grande partie du personnel est mobilisée. Ceux qui restent font face ; des jardins ouvriers sont créés, ainsi qu’une amicale sportive et une coopérative d’approvisionnement. Ces structures ont forgé une réelle solidarité dans le personnel. Louis-Edouard, qui était parvenu à faire reconnaître l’usine Industrie prioritaire, décède en 1942. Ses fils Louis- Emile et Roger lui succèdent. Roger dépose plusieurs brevets et ramène des Etats-Unis l’idée de travailler en inter-campagnes grâce au stockage des sirops.
L’année 1945 sera marquée par une inondation impressionnante suite à la crue de l’Aisne. De 1951 à ce jour, des améliorations continues sont apportées aux process de fabrication. En 1951, la direction lance un programme de maisons Castor (des maisons construites par les ouvriers, à tour de rôle, en équipe sur le chantier des voisins, reconnaissables par leur architecture. Les agglos étaient fabriqués à l’usine). L’entreprise était également propriétaire de plusieurs fermes, à Vauxrains, Mennejean…